L’Espagne s’installe dans les secteurs stratégiques du Maroc : six groupes aux premières loges

- 13h00 - Espagne - Ecrit par : Nadia El A.

Dessalement, solaire, centrales électriques, assainissement et contrôle industriel : six groupes espagnols occupent désormais des positions importantes dans les grands chantiers marocains. Acciona, Cox, TSK, Lantania, OCA Global et Cobra interviennent à différents niveaux de ces infrastructures stratégiques.

Leur implantation est détaillée par El Español. Le média espagnol souligne que la modernisation accélérée des infrastructures hydrauliques et énergétiques du Maroc ouvre un vaste marché aux ingénieries de l’autre côté du détroit.

Acciona est l’acteur le plus visible. Le groupe affirme avoir déjà réalisé plus de 70 projets au Maroc dans les infrastructures, l’eau et les énergies renouvelables. Il participe aujourd’hui à la construction et à l’exploitation de la grande station de dessalement de Casablanca, destinée à sécuriser l’approvisionnement de la région Casablanca-Settat.

Acciona Energía figure également parmi les entreprises préqualifiées pour développer et exploiter 800 MW de capacités renouvelables dans le cadre d’un programme marocain de 1 600 MW. Cette sélection ne vaut pas encore attribution définitive, mais confirme la volonté du groupe d’étendre sa présence au-delà du dessalement.

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Cox occupe une position tout aussi stratégique. L’entreprise gère la station de dessalement d’Agadir, dont la capacité doit être portée à 400 000 mètres cubes par jour. En juillet 2025, elle a obtenu une nouvelle concession pour ajouter 125 000 mètres cubes quotidiens à l’installation.

De la centrale d’Aïn Beni Mathar aux projets solaires

Le groupe espagnol exploite également la centrale hybride d’Aïn Beni Mathar, près de Jerada. D’une puissance totale de 472 MW, cette installation associant gaz et énergie solaire représente environ 9 % de la consommation électrique du Maroc.

Dans le solaire, TSK est citée pour son rôle dans la première phase de Noor Midelt. Le projet a été conçu autour d’une combinaison de technologies photovoltaïque et thermosolaire atteignant 800 MW. Les phases suivantes, Noor Midelt II et III, ont été attribuées en 2025 à ACWA Power et doivent ajouter 800 MW photovoltaïques accompagnés de 602 MWh de stockage par batteries.

Lantania intervient pour sa part dans la station d’épuration de Salé, capable de traiter 10 000 mètres cubes d’eaux usées par jour. Sa branche spécialisée dans l’eau est désormais contrôlée à 51 % par le groupe émirati NMDC, mais l’entreprise conserve son savoir-faire espagnol dans le dessalement, le transport et le traitement de l’eau.

OCA Global intervient plus discrètement dans l’inspection, les essais industriels, la certification et l’assistance technique. Ses services concernent notamment l’énergie, le pétrole et le gaz. Cobra, entreprise espagnole désormais intégrée au groupe français Vinci, possède de son côté une longue expérience dans les projets clés en main de production électrique, de réseaux et d’infrastructures hydrauliques.

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Cette présence intervient alors que le Maroc veut porter sa production d’eau dessalée à environ 1,7 milliard de mètres cubes par an en 2030. Les besoins concernent aussi bien l’alimentation des villes que l’agriculture et l’industrie.

Les six entreprises n’occupent pas toutes le même rôle : certaines construisent ou exploitent directement les installations, d’autres fournissent l’ingénierie, les contrôles et les certifications. Ensemble, elles montrent toutefois à quel point les groupes espagnols se sont installés dans les secteurs marocains les plus stratégiques : l’eau et l’énergie.