L’Espagne pourrait sanctionner le Maroc, mais 17 000 de ses entreprises en dépendent
Automobile, textile, agriculture : 17 000 entreprises espagnoles travaillent avec le Maroc et plus de 350 y sont durablement implantées. Après la crise de Ceuta, toute sanction contre Rabat risquerait donc de frapper directement l’économie espagnole.
Madrid peut difficilement engager un bras de fer économique avec Rabat sans pénaliser ses propres entreprises.
Le gouvernement marocain estime que 17 000 sociétés espagnoles travaillent avec le royaume ou y opèrent. Plus de 350 y possèdent des activités permanentes, notamment des usines et des exploitations agricoles, selon les chiffres de l’Institut espagnol du commerce extérieur cités par Cinco Días.
Les échanges entre les deux pays ont atteint 22,75 milliards d’euros en 2025. L’Espagne a même vendu au Maroc 1,91 milliard d’euros de marchandises de plus qu’elle n’en a acheté.
La proximité et le coût du travail ont poussé de nombreux groupes espagnols à transférer une partie de leur production au Maroc. Une heure travaillée coûte en moyenne 26,40 euros en Espagne, soit plus de cinq fois son coût dans le royaume.
La voiture préférée des Espagnols vient du Maroc
Le symbole le plus visible est le Dacia Sandero. La voiture la plus vendue en Espagne est produite à Tanger et Casablanca. Elle totalise 23 769 immatriculations depuis janvier, soit environ 4 000 de plus que la Seat Ibiza fabriquée en Espagne.
Les équipementiers espagnols Antolín et Gestamp possèdent parallèlement des usines à Kénitra et Tanger. CIE Automotive et Ficosa fournissent Renault et Stellantis, tandis que d’autres industriels choisissent encore le Maroc pour approvisionner le marché européen.
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La dépendance s’étend au textile. Le Maroc fait partie des dix principaux pôles d’approvisionnement d’Inditex, maison mère de Zara. La majorité de ses 447 usines fournisseuses en Afrique se trouvent dans le royaume. El Corte Inglés et Tendam y font également fabriquer des vêtements.
Dans l’agriculture, Ebro Foods exploite une usine de riz d’une capacité de 50 000 tonnes par an. L’entreprise espagnole Agroatlas cultive environ 1 000 hectares autour d’Agadir pour approvisionner notamment Mercadona et Tesco.
Cette présence explique pourquoi une riposte économique espagnole après la crise de Ceuta pourrait rapidement se retourner contre Madrid. Un rapport de la Police nationale met pourtant en cause l’attitude des forces marocaines lors des passages massifs, alimentant les appels à sanctionner Rabat.
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Mais des restrictions commerciales pourraient toucher les constructeurs, les enseignes de vêtements et les groupes alimentaires espagnols installés au Maroc. Avec 17 000 entreprises concernées et 22,75 milliards d’euros d’échanges, Madrid a désormais beaucoup à perdre dans une confrontation économique avec Rabat.