« L’Espagne n’a pas de maître » : Feijóo durcit son discours sur le Maroc
Le chef de l’opposition espagnole, Alberto Núñez Feijóo, réclame une réaction ferme face au Maroc. Déploiement de la marine, rappel de l’ambassadeur à Rabat, explications officielles : le dirigeant du Parti populaire multiplie les exigences après les incidents navals de Sebta.
« L’Espagne n’a pas de maître. » Alberto Núñez Feijóo a choisi cette formule, vendredi 16 octobre à Tolède, pour adresser un avertissement au Maroc et dénoncer l’attitude du gouvernement de Pedro Sánchez. Le chef du Parti populaire estime que les actions marocaines de ces derniers mois ont franchi les limites de l’acceptable. Il promet une réponse « sereine et ferme » s’il arrive au pouvoir, rapporte le quotidien El País.
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Le dirigeant conservateur reproche à Madrid son « silence » et sa « résignation » face à ce qu’il considère comme des atteintes répétées à la souveraineté espagnole. « Une nation qui aspire à être respectée doit commencer par se faire respecter », a-t-il lancé devant les participants à une rencontre consacrée aux femmes du monde rural.
Feijóo ne se contente plus de dénoncer la situation. Dans un message publié sur le réseau social X, il demande à Sánchez de déployer la marine espagnole dans les eaux de Sebta, de convoquer l’ambassadrice du Maroc à Madrid et de rappeler pour consultations l’ambassadeur espagnol à Rabat. Il exige également des explications des autorités marocaines au plus haut niveau et une information immédiate de la population espagnole.
« L’Espagne ne se vend pas. L’Espagne se défend », écrit-il. Le président du PP considère que les incursions de bâtiments militaires marocains ne constituent pas un incident isolé, mais une « agression répétée ». Il affirme néanmoins vouloir préserver la coopération entre les deux pays, à condition qu’elle repose sur le respect mutuel.
Madrid dément une nouvelle incursion marocaine
Ces déclarations interviennent après les révélations sur le face-à-face entre les marines marocaine et espagnole près de Sebta, pendant la crise migratoire des 30 et 31 juillet. Une frégate et plusieurs patrouilleurs marocains avaient pénétré dans les eaux revendiquées par l’Espagne sans autorisation préalable, selon El País. Madrid avait alors mobilisé ses propres bâtiments militaires pour faire cesser les incursions.
Un nouvel épisode alimente désormais la polémique. Selon le quotidien ABC, un patrouilleur marocain aurait passé plusieurs heures jeudi 15 octobre dans les eaux de Sebta, au lendemain de la visite du roi Felipe VI dans la ville. Le journal affirme que le bâtiment serait resté sept heures dans la zone avant l’intervention d’une patrouille de la Guardia Civil.
Mais les autorités espagnoles contestent cette version. Des sources de la Guardia Civil ont indiqué à l’agence EFE n’avoir enregistré aucune intrusion de ce type. Le gouvernement soutient également que ni la Guardia Civil ni la marine espagnole n’ont signalé de nouvel incident après les événements de juillet.
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Pedro Sánchez défend une approche différente. Le 12 octobre, il avait reconnu les incursions des navires marocains, tout en soulignant que les échanges entre responsables militaires avaient permis de résoudre la crise. Pour le Premier ministre espagnol, les relations avec Rabat restent essentielles, notamment dans la lutte contre le terrorisme et le trafic de drogue. Son gouvernement reproche à Feijóo d’alimenter les tensions avec un partenaire stratégique.
Le chef du PP réclame désormais la comparution de Sánchez devant la commission permanente du Congrès pour expliquer les événements de l’été. Son parti a également transmis des informations à l’Audience nationale, qui enquête sur la crise migratoire de Sebta. Feijóo accuse le gouvernement d’avoir dissimulé des éléments importants aux Espagnols et entend obtenir des explications sur la gestion de ces incidents.