États-Unis : le coup de massue qui menace les produits marocains
Les États-Unis envisagent d’imposer une surtaxe de 12,5 % à une large partie des produits importés du Maroc. La mesure n’est pas encore adoptée, mais elle pourrait réduire fortement l’avantage offert aux entreprises marocaines par l’accord de libre-échange entre les deux pays.
Les exportations marocaines pourraient bientôt coûter plus cher sur le marché américain. Le représentant américain au Commerce, l’USTR, propose d’appliquer des droits de douane supplémentaires de 12,5 % aux produits provenant du Maroc, dans le cadre d’une enquête consacrée à la lutte contre le travail forcé.
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Dans son rapport officiel, Washington ne reproche pas directement aux entreprises marocaines de fabriquer leurs produits avec une main-d’œuvre forcée. L’administration américaine estime plutôt que le Maroc ne dispose pas d’un mécanisme suffisamment efficace pour empêcher l’entrée sur son territoire de marchandises fabriquées de cette manière dans d’autres pays.
Cette distinction est importante. Le différend porte sur le contrôle des importations marocaines, mais la sanction envisagée frapperait les produits que le Royaume vend ensuite aux États-Unis.
Une taxe qui toucherait presque tout
Selon le projet de mesure publié par l’USTR, la surtaxe concernerait la majorité des marchandises marocaines, à l’exception d’une liste de produits bénéficiant d’exemptions.
Le Maroc se retrouve dans le groupe soumis au taux proposé le plus élevé, soit 12,5 %. D’autres économies ayant déjà instauré une interdiction partielle des produits issus du travail forcé ou pris des engagements précis seraient taxées à hauteur de 10 %.
Une telle décision affaiblirait directement l’accord de libre-échange Maroc–États-Unis, entré en vigueur en 2006. Cet accord avait permis de supprimer progressivement de nombreux droits de douane. La nouvelle surtaxe pourrait donc effacer une partie de cet avantage et rendre certains produits marocains moins compétitifs face à ceux provenant d’autres pays.
Les secteurs exportateurs seraient particulièrement exposés, notamment le textile, l’agroalimentaire, les composants industriels ou encore certains produits chimiques. Le texte prévoit toutefois des règles spécifiques pour le textile, avec la possibilité de bénéficier d’un taux réduit en fonction de la quantité de matières premières américaines utilisée dans la fabrication.
Sur Bladi.net : Le Maroc ciblé par une enquête américaine
La mesure reste à ce stade une proposition. Des consultations ont été ouvertes et des auditions organisées avant toute décision définitive. Aucune date d’entrée en vigueur n’a encore été annoncée.