Les États-Unis veulent tester leurs futures technologies militaires au Maroc

- 22h00 - Maroc - Ecrit par : Said A.

Le Maroc a participé au grand rendez-vous américain consacré aux technologies militaires émergentes. À Washington, l’AFRICOM a mis en avant le futur centre d’expérimentation de Tan-Tan parmi les projets destinés à accélérer les essais et l’adoption de nouvelles capacités de défense en Afrique.

La conférence « Emerging Technologies for Defense », organisée du 8 au 10 septembre 2026 à Washington par la National Defense Industrial Association (NDIA), a réuni des responsables militaires américains, des industriels et des représentants de pays partenaires. Cette édition accordait une place importante aux initiatives de l’AFRICOM sur le continent.

Elle a surtout marqué une première : selon le commandement américain, des pays partenaires africains ont participé pour la première fois à cette rencontre annuelle. Le Maroc était représenté par le général de division Fouad Moumen, chef du 4ᵉ Bureau des Forces armées royales, qui a pris part aux échanges aux côtés notamment du général nigérian Babatunde Ibrahim Alaya, directeur général de la Defence Industries Corporation of Nigeria.

Les discussions ont porté sur la production de défense, les capacités régionales d’entraînement et l’interopérabilité entre les armées, indique l’AFRICOM dans un compte rendu publié le 10 septembre.

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Washington veut réduire le délai entre la mise au point d’une technologie et son utilisation sur le terrain. « Nous devons mettre la technologie entre les mains des opérateurs plus rapidement ; nous devons rapprocher les ingénieurs et les développeurs des combattants », a déclaré le général Dagvin Anderson, commandant de l’AFRICOM.

Le centre de Tan-Tan présenté à l’industrie américaine

Parmi les initiatives mises en avant à Washington figure l’Africa Multidomain Training and Experimentation Center (AMTEC), le futur centre d’entraînement et d’expérimentation que le Maroc et les États-Unis développent à Tan-Tan.

Un protocole d’accord portant sur sa création avait été signé le 13 juillet 2026 au siège de l’AFRICOM, à Stuttgart. Le dispositif doit permettre aux forces marocaines et américaines, mais aussi à des entreprises de défense, de tester et d’adapter de nouvelles technologies dans des conditions opérationnelles réalistes.

Le Maroc a également été intégré à un réseau américain de cinq sites destinés à tester de nouvelles capacités de combat, dont quatre se trouvent aux États-Unis.

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La nouveauté de la conférence de Washington réside donc moins dans l’annonce du centre de Tan-Tan, déjà connu, que dans sa présentation devant les acteurs de l’industrie américaine comme l’un des instruments de la stratégie d’expérimentation rapide de l’AFRICOM en Afrique.

La participation de Fouad Moumen aux échanges sur l’industrie de défense et l’interopérabilité confirme parallèlement la place accordée au Maroc dans ce dispositif. L’AFRICOM estime que ces discussions doivent contribuer au renforcement des capacités industrielles de ses partenaires, à leur coopération militaire et à leur aptitude à répondre ensemble aux menaces régionales.

Le royaume est ainsi appelé à devenir un terrain africain privilégié pour l’entraînement multidomaine et l’expérimentation de technologies militaires émergentes, dans le cadre de sa coopération avec les États-Unis.