L’Europe annonce une chute de l’immigration, mais 72 000 passages depuis le Maroc manquent au bilan
L’Union européenne annonce une baisse de près d’un tiers des franchissements irréguliers de ses frontières en 2026. Mais son nouveau bilan laisse de côté les 72 000 passages enregistrés à Ceuta depuis le Maroc fin juillet. Une exclusion qui change considérablement la lecture des chiffres européens.
Un peu plus de 91 000 franchissements irréguliers ont été détectés aux frontières de l’Union européenne entre janvier et septembre 2026, soit une baisse de près d’un tiers par rapport à la même période de 2025. Ces chiffres, dévoilés lundi 19 octobre par Frontex, l’agence européenne de surveillance des frontières, comportent une exception majeure : les arrivées massives à Ceuta les 30 et 31 juillet.
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Ces deux journées avaient vu des dizaines de milliers de personnes franchir la frontière entre le Maroc et l’enclave espagnole. Le ministre espagnol de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, avait officiellement évalué leur nombre à 72 000. Plus de 70 000 personnes avaient rapidement quitté Ceuta pour retourner au Maroc, selon les autorités espagnoles.
Or, trois mois après cet événement, ces passages restent absents du bilan européen. Frontex indique dans une note accompagnant ses dernières statistiques que les données concernant la frontière terrestre de Ceuta pour les 30 et 31 juillet sont toujours en cours d’examen par l’État membre concerné. Le Conseil de l’Union européenne confirme également cette exclusion dans sa présentation des routes migratoires.
Le chiffre espagnol de 72 000 représente à lui seul une quantité considérable par rapport aux 91 000 franchissements comptabilisés à l’échelle européenne. Leur addition donnerait toutefois un total provisoire, les données définitives de Ceuta restant à établir. Le Parlement européen évoque, dans une étude publiée le 8 octobre, une estimation encore plus élevée, d’environ 80 000 personnes.
La route du Maroc et de l’Espagne évolue à contre-courant
Les statistiques européennes révèlent également une évolution particulière en Méditerranée occidentale. Cette route, qui comprend les passages vers l’Espagne et ses enclaves de Ceuta et Melilla, est la seule grande voie migratoire à enregistrer une augmentation en 2026.
Entre janvier et septembre, Frontex y a détecté 18 260 franchissements irréguliers, soit une hausse de 26 % en un an. Les détections aux frontières terrestres ont plus que doublé, tandis que les arrivées par voie maritime progressent de 8 %, avec l’Algérie comme principal pays de départ des traversées vers la péninsule Ibérique et les Baléares.
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La situation est différente sur la route atlantique vers les Canaries. Frontex y recense environ 7 100 passages depuis le début de l’année, en baisse de 45 %. Mais septembre marque un changement brutal : près de 1 900 arrivées ont été détectées, quatre fois plus qu’en août, avec des départs signalés depuis le Maroc et la Gambie.
À Bruxelles, le commissaire européen aux Affaires intérieures, Magnus Brunner, salue les résultats de la politique migratoire européenne. Le directeur de Frontex, Hans Leijtens, souligne de son côté que les réseaux de passeurs adaptent leurs itinéraires. Les nouvelles statistiques montrent ainsi une baisse générale des franchissements détectés, une hausse persistante sur la route espagnole et un épisode exceptionnel à Ceuta qui demeure hors du décompte.