L’Europe met 112 millions d’euros sur le Maroc pour agir aussi sur l’envie d’émigrer
L’Union européenne va consacrer 112 millions d’euros à la résilience économique et sociale du Maroc. Derrière le soutien à l’économie et à l’État social, Bruxelles poursuit aussi un objectif migratoire : améliorer les perspectives dans le royaume pour réduire les facteurs qui poussent au départ.
Cette enveloppe constitue la principale composante d’un financement de 148 millions d’euros adopté par la Commission européenne pour le Maroc en 2026. La décision officielle publiée le 4 août répartit les fonds entre trois programmes : résilience économique et sociale, numérique et jeunesse.
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Le premier absorbe à lui seul 112 millions d’euros. Les 36 millions restants sont répartis entre 20 millions pour le partenariat numérique UE-Maroc et 16 millions pour un programme consacré à la jeunesse.
Donner davantage de raisons de rester
L’action de 112 millions d’euros doit soutenir la prospérité économique, la résilience sociale, un État social moderne et une gouvernance publique jugée plus efficace, transparente et inclusive. La Commission inscrit également cette amélioration des conditions économiques et sociales dans une logique de réduction des facteurs favorisant l’émigration.
Il ne s’agit donc pas d’une enveloppe de 112 millions destinée directement au contrôle des frontières ou à empêcher physiquement les départs. Bruxelles mise sur un levier différent : emploi, protection sociale, services publics et amélioration des perspectives économiques afin d’agir en amont sur les raisons qui peuvent pousser des Marocains à chercher leur avenir ailleurs.
L’enveloppe intervient alors que l’Union européenne et le Maroc négocient encore leurs nouvelles priorités de partenariat. La Commission précise d’ailleurs que son programme indicatif pluriannuel 2021-2027 n’est pas encore définitivement validé et que cette mesure pour 2026 a été adoptée séparément.
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Pour Bruxelles, les 112 millions d’euros ont ainsi un double intérêt : renforcer la stabilité économique et sociale du Maroc, mais aussi rendre le départ moins nécessaire pour une partie de sa population.