Saint-Nicolas : Une famille marocaine de cinq enfants menacée d’expulsion
La commune de Saint-Nicolas a émis en août dernier un arrêté d’inhabitabilité d’un logement occupé par une famille marocaine de cinq enfants, menacée d’expulsion depuis lors.
Le front anti-expulsions a organisé mercredi 5 novembre un rassemblement devant l’hôtel de ville pour dénoncer la menace d’expulsion qui pèse sur la famille qui attend d’être relogée. À la suite de ce mouvement d’humeur, une rencontre s’est tenue entre des membres de la famille, des bénévoles du front anti-expulsions et la bourgmestre. « Au niveau des responsabilités civiles et pénales, l’arrêté d’une habitabilité doit être maintenu puisqu’il y a un problème au niveau de la conformité, notamment technique au niveau du bâtiment », explique Valérie Maes, bourgmestre socialiste de Saint-Nicolas.
À lire : Mohamed, 13 ans et handicapé, menacé d’expulsion
Et de poursuivre : « Si je la suspends, il faut que le bâtiment soit remis en état et pour être remis en état, il faut que le propriétaire puisse accéder au bâtiment et faire les travaux à l’intérieur du bâtiment sur base, donc du rapport que la Société Wallonne du Logement a lancé, m’a fait parvenir et que moi j’ai dû entériner évidemment en termes de sécurité. » La bourgmestre précise toutefois que la famille ne sera pas automatiquement expulsée du logement, mais que l’arrêté sera notifié au propriétaire qui reconnait louer un bâtiment « frappé d’inhabitabilité, et donc lui, vraisemblablement peut prendre une mesure d’expulsion ».
À lire : Yusra et ses enfants expulsés de leur maison
Suite aux explications de la socialiste, des bénévoles du front anti-expulsions ont exprimé leur colère, appelant à la suspension de cet arrêté, le temps que la famille trouve un nouveau logement. « C’est fou parce que si on ne bougeait pas, vous ne faisiez rien », peste un bénévole. La réaction de la bourgmestre ne s’est pas fait attendre. « Sérieusement, je n’ai rien fait ? J’ai déplacé une demi-administration communale, j’ai répondu 4 fois au courrier, j’ai sollicité la région Wallonne, j’ai appelé les logements d’urgence, j’ai appelé les logements sociaux, j’ai appelé l’AIS, et je n’ai rien fait ? », rétorque-t-elle.
À lire : Ces Marocains expulsés d’Europe
La responsable enchaîne : « Je le laisse (l’arrêté) parce qu’il y a une non-conformité de gaz. Est-ce que vous voudriez laisser une famille dans un bâtiment qui peut sauter, Monsieur ? Vous, pourriez dormir avec ça ? » « Je me sens un peu perdue, parce qu’il y a eu des démarches et ça commence un petit peu à bouger. Je sais qu’il n’y aura pas d’expulsion avec un corps de police. Cela nous rassure un petit peu, mais on est quand même inquiétés, car on ne sait pas comment cela va se passer avec le propriétaire et s’il va faire les démarches pour nous expulser », déclare une adolescente, membre de la famille, qui a assisté à la réunion. Le front promet de suivre le dossier de près pour éviter que cette famille ne se retrouve à la rue d’ici le 13 novembre.