Les fonctionnaires marocains sont les plus endettés : 44 % du revenu en moyenne

- 16h00 - Maroc - Ecrit par : Nadia El A.

Les fonctionnaires constituent la catégorie d’emprunteurs la plus endettée au Maroc. En moyenne, 44 % de leurs revenus servent au remboursement des crédits, contre 34 % chez les salariés du privé. Ce chiffre concerne toutefois les personnes ayant contracté ou renouvelé un prêt en 2025.

Les agents du secteur public restent les clients les plus exposés au poids des mensualités. Leur taux d’endettement moyen atteint 44 % de leurs revenus, selon le Rapport annuel sur la stabilité financière 2025, publié par Bank Al-Maghrib, l’ACAPS et l’Autorité marocaine du marché des capitaux.

Ce taux correspond à la part du revenu mensuel absorbée par les remboursements. Un fonctionnaire concerné par l’étude conserve donc en moyenne 56 % de son revenu après le paiement de ses échéances de crédit.

Les fonctionnaires devancent largement les salariés du secteur privé, dont le taux moyen s’établit à 34 %. Les retraités consacrent 36 % de leurs revenus au remboursement de leurs emprunts, contre 32 % pour les professions libérales.

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Ces résultats ne portent pas sur l’ensemble des fonctionnaires marocains. L’étude repose sur 639 013 dossiers de particuliers ayant contracté un nouveau crédit ou renouvelé un prêt en 2025. Les salariés du public et du privé représentent 63 % des emprunteurs examinés, contre 60 % en 2024.

La stabilité du salaire des fonctionnaires facilite leur accès au financement. Pour les banques et les sociétés de crédit, le versement régulier de leur rémunération réduit le risque de défaut et permet d’accorder des montants plus importants ou des remboursements sur une durée plus longue.

Près de quatre emprunteurs sur dix dépassent 40 %

Toutes catégories confondues, le taux d’endettement moyen des emprunteurs étudiés atteint 36 %, contre 34 % en 2024 et une moyenne de 31 % entre 2015 et 2022. La situation se dégrade surtout chez les particuliers dont les mensualités dépassent 40 % du revenu.

Ils représentent désormais 38 % des dossiers, contre 32 % un an auparavant. Ces emprunteurs concentrent 45 % du montant des crédits analysés.

Parmi ce groupe fortement endetté, la charge moyenne grimpe à 63 % du revenu pour les fonctionnaires et à 61 % pour les retraités. Elle atteint 59 % chez les professions libérales et 56 % chez les salariés du privé. Le taux de 63 % ne concerne donc que les emprunteurs ayant déjà franchi le seuil de 40 %, tandis que celui de 44 % couvre l’ensemble des fonctionnaires de l’échantillon.

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Cette pression accompagne l’accélération générale du crédit. La dette des ménages marocains a progressé de 6,9 % en 2025 pour atteindre 456,3 milliards de dirhams, sa plus forte hausse depuis 2012. Les crédits à la consommation ont bondi de 13,2 %, à 183 milliards de dirhams.

Les impayés atteignent parallèlement 47 milliards de dirhams. Environ 10,3 % des prêts aux ménages sont ainsi classés en souffrance. Une situation qui explique pourquoi les créances impayées marocaines intéressent désormais des investisseurs étrangers spécialisés.

Les fonctionnaires restent donc des emprunteurs recherchés en raison de la sécurité de leur revenu, mais cette facilité d’accès au crédit les place aussi en tête des catégories dont le salaire est le plus lourdement amputé par les remboursements.