Au Maroc, les dettes impayées des ménages attirent un fonds étranger
Un projet de 60 millions d’euros soutenu par IFC et l’allemand EOS vise le marché marocain des créances en souffrance. La fiche officielle mentionne aussi les actifs immobiliers déjà détenus par des institutions financières.
Le projet n’est pas encore approuvé, mais il dessine déjà un nouveau marché au Maroc. Dans sa fiche officielle de divulgation, IFC indique préparer un véhicule de 60 millions d’euros baptisé « DARP NPL EOS Morocco », destiné à acheter des créances en souffrance et des actifs immobiliers détenus par des institutions financières marocaines.
Le détail est important : l’opération ne vise pas seulement des dettes impayées. IFC parle aussi de « real estate owned assets », c’est-à-dire des biens immobiliers déjà passés dans le portefeuille d’établissements financiers. La fiche ne précise ni leur localisation, ni leur nature exacte, ni s’il s’agit de logements, de locaux professionnels ou d’autres biens. Mais leur présence dans le périmètre du projet montre que le marché du crédit impayé touche aussi l’immobilier récupéré par les banques.
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Le véhicule doit être financé à parts égales par IFC et EOS Holding GmbH, chacun pouvant engager jusqu’à 30 millions d’euros. EOS est présenté par IFC comme un investisseur allemand spécialisé depuis plus de 50 ans dans les actifs en difficulté, avec une expérience dans l’achat et la gestion de portefeuilles de créances impayées et d’actifs immobiliers récupérés.
Un projet encore suspendu à une décision
IFC classe toutefois le dossier en « Pending Approval ». La date prévisionnelle de passage devant le conseil d’administration est fixée au 15 octobre 2026. Il ne s’agit donc pas encore d’une opération définitivement validée, mais d’un investissement proposé et rendu public avant examen.
Les créances visées peuvent concerner des particuliers, des PME et des entreprises. IFC mentionne notamment des crédits à la consommation impayés, des créances d’entreprises, des portefeuilles de créances et des impayés de très petites, petites et moyennes entreprises.
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L’objectif affiché par IFC est de permettre aux institutions financières marocaines de céder une partie de leurs créances en souffrance, afin de libérer du capital, relancer de nouveaux crédits et aider les débiteurs concernés à normaliser leurs obligations financières. Mais pour les ménages et entreprises concernés, l’arrivée d’un acteur spécialisé signifie aussi que certaines dettes ou garanties immobilières pourraient être gérées par un investisseur dont le métier est précisément de racheter, valoriser et recouvrer des actifs en difficulté.
IFC présente ce projet comme son premier investissement DARP au Maroc. S’il est approuvé, il marquerait donc l’entrée du Royaume dans un dispositif plus structuré de rachat des créances impayées et des biens immobiliers récupérés par les banques.