France : l’époux d’une Marocaine en prison pour violences conjugales

21 mai 2021 - 17h00 - France - Ecrit par : S.A

Le tribunal judiciaire Val de Briey (Meurthe-et-Moselle) a condamné un homme en fauteuil roulant à deux ans de prison, assorti d’un an de sursis probatoire, avec maintien en détention pour violences conjugales exercées à l’encontre de son épouse, une femme marocaine, entre novembre 2020 et avril 2021. Le prévenu est en prison, après une comparution immédiate.

Leur vie de couple n’aura pas été un fleuve tranquille. Selon les déclarations de l’épouse, les violences sont régulières. Fuyant son conjoint violent, elle a trouvé refuge au commissariat le 11 avril, rapporte Le Républicain Lorrain. Des violences sur conjointe qui ont causé une ITT de trois jours. Lors du procès jeudi, la présidente du tribunal judiciaire de Val de Briey, Ombline Parry, a rappelé les faits reprochés au prévenu : « Elle aurait été poussée dans les escaliers, traînée par terre. Vous lui auriez tapé sur la tête, jusqu’à pointer la lame d’un couteau sur sa gorge ».

« On se dispute souvent mais toutes les traces qu’elle a sur le corps sont accidentelles ! Notre logement n’est pas adapté, explique le détenu en fauteuil roulant. […] J’ai une paralysie motrice définitive. Même si j’avance avec des béquilles, je ne peux pas donner de coups de pied… » La procureure Catherine Galen ne croit pas à cette histoire. « Comment expliquez-vous les lésions au visage et les yeux au beurre noir ? […] Et pourquoi l’avoir emmenée faire un test PCR ? Était-elle d’accord pour repartir au Maroc ? ». « Sa propre mère me l’a dit : “Si ça ne va pas, vous me la renvoyez” !, répond le mari, avant d’affirmer que son épouse est “ensorcelée”. Mais pas mauvaise au fond : elle m’a ramassé, aidé…  ».

Thomas Kremser, l’avocat de l’épouse est stupéfait. Il affirme sa cliente est comme « une esclave du XXIᵉ siècle qui n’a pas le droit de sortir seule, de conduire, juste le droit de soigner Monsieur, d’avoir des relations sexuelles avec lui, de laver sa belle-mère sinon elle repart au pays ! ». L’avocat de l’époux récuse ses propos. « Monsieur emmène Madame à l’école pour qu’elle apprenne le français. Elle a un téléphone et fait d’ailleurs des photos dès qu’elle a un bleu », dit-il, plaidant pour la relaxe de son client. La procureure a requis contre le conjoint violent 3 ans et 6 mois de prison ferme.

Le verdict est tombé : le tribunal condamne Mourad Aissaoui à deux ans de prison, assorti d’un an de sursis probatoire, avec maintien en détention, obligation de soins et interdiction de paraître au domicile conjugal.

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