La France lui refuse un visa à Rabat : il réclame plus d’un million de dirhams

- 07h00 - France - Ecrit par : L.A

Deux refus de visa pour étudier à Paris ont conduit un étudiant installé à Kénitra devant la justice française. Il réclamait 740 000 dirhams à l’État et 300 000 dirhams à TLScontact. Ses autres exigences ont surpris par leur ampleur.

Un million quarante mille dirhams. C’est la somme qu’un étudiant installé au Maroc a réclamée à la France et à TLScontact après deux refus de visa au consulat de Rabat. Mais l’argent n’était qu’une partie de ses exigences. Il voulait également faire sanctionner des agents consulaires, envoyer douze experts contrôler le service des visas et obtenir lui-même un poste diplomatique français.

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Le jeune homme, de nationalité burkinabée, avait obtenu son baccalauréat en 2024 avant de rejoindre la faculté des sciences de Kénitra, où il suivait une licence de mathématiques et informatique. Admis en Bachelor informatique à l’ECE de Paris pour l’année universitaire 2025-2026, il dépose une première demande de visa le 11 février 2026. Refus huit jours plus tard. Une seconde demande, déposée le 13 mars, connaît le même sort le 1er avril.

Cette fois, le consulat estime que les informations fournies sont incomplètes ou peu fiables. Il évoque également un risque que le visa étudiant soit utilisé à d’autres fins que les études. Le candidat saisit la commission de recours, puis le tribunal administratif de Nantes.

Il exige la révocation d’agents du consulat français

Dans ses nombreux mémoires, l’étudiant multiplie les demandes. Il réclame 740 000 dirhams à l’État pour ses préjudices financiers, universitaires et moraux, auxquels s’ajoutent 300 000 dirhams à TLScontact, prestataire chargé de la réception des dossiers de visa à Rabat. Il demande encore 15 000 dirhams aux agentes ayant assuré ses deux rendez-vous premium, ou à leur employeur.

Il souhaite également que douze experts soient dépêchés au consulat, que des agents soient sanctionnés ou révoqués et que le ministère français de l’Intérieur le nomme à un poste diplomatique dans le domaine des visas. Il réclame même la délivrance de visas à cinq autres étudiants résidant à Rabat, sous peine d’une astreinte de 1 300 dirhams par jour.

Les juges se concentrent toutefois sur son dossier universitaire. Le candidat ne démontre pas ce que la formation parisienne apporterait de plus à son parcours, ni pourquoi il ne pourrait pas poursuivre des études similaires au Maroc ou au Burkina Faso. Pour le tribunal, l’administration pouvait donc considérer son projet insuffisamment cohérent et maintenir le refus de visa.

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Le jugement rendu le 18 septembre 2026 par le tribunal administratif de Nantes écarte également ses demandes d’indemnisation. L’étudiant n’avait pas préalablement réclamé ces sommes à l’administration ou à TLScontact, une démarche nécessaire avant de saisir le juge. Quant aux sanctions réclamées contre les agents consulaires, elles ne relèvent pas des pouvoirs du tribunal.

Toutes ses demandes sont finalement rejetées. L’étudiant échoue aussi à faire annuler l’amende de 1 000 euros qui lui avait été infligée le 4 juin 2026 pour recours abusif. Les magistrats rappellent que la contestation de cette ordonnance relève d’une autre procédure, devant le Conseil d’État.