Gibraltar : L’idée marocaine qui pourrait rapporter gros

- 17h00 - Maroc - Ecrit par : Sébastien A.

Un expert marocain suggère d’imposer une taxe aux navires traversant le détroit de Gibraltar. Cette approche environnementale vise à faire payer les pollueurs tout en finançant le projet de tunnel sous-marin entre l’Europe et l’Afrique.

Hamid Bouchikhi, siégeant au Conseil supérieur de l’éducation, soumet à la diplomatie une idée qu’il juge lui-même potentiellement « farfelue » : faire payer les bateaux naviguant entre les côtes espagnoles et marocaines. Pour justifier cette monétisation, l’ancien membre de la Commission sur le modèle de développement s’appuie sur le détroit d’Ormuz. Si la communauté internationale y autorise l’Iran à percevoir des droits de passage, cela crée un précédent juridique transposable à Gibraltar. La porte d’entrée occidentale de la Méditerranée enregistre en effet 100 000 transits annuels, soit un trafic trois fois supérieur à celui d’Ormuz.

Sur Bladi.net : Le tunnel du détroit de Gibraltar accéléré par le Mondial 2030

Officiellement, le droit de la mer interdit d’entraver la libre navigation internationale. Cependant, la facturation ciblerait l’impact écologique en appliquant scrupuleusement le principe du « pollueur-payeur ». Selon les éléments relayés par La Razon, l’étroite bande maritime de quatorze kilomètres concentre une pollution massive subie sans aucune compensation par les deux pays côtiers. Face aux rejets de dioxyde de carbone, aux particules fines et au bruit perturbant les cétacés, les frais d’entrée seraient calculés selon les émissions réelles de chaque bateau. Ainsi, un immense pétrolier au fioul lourd paierait une facture nettement plus élevée qu’une embarcation fonctionnant au gaz propre.

Sur Bladi.net : Pourquoi il n’y a pas de pont entre l’Espagne et le Maroc (et pourquoi le tunnel est si compliqué)

Plus qu’une simple redevance classique, ce mécanisme se positionne comme un véritable levier de politique environnementale, à l’image de la tarification carbone adoptée par l’Organisation maritime internationale. L’ambition ultime de cette taxation consiste à récolter les fonds nécessaires pour concrétiser la construction du tunnel sous-marin reliant les deux continents. À terme, cette liaison physique souterraine offrirait une alternative de transport pérenne, capable de réduire drastiquement les coûts de traversée actuels.

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