Détroit de Gibraltar : L’Espagne paralysée face au rouleau compresseur marocain
Jadis puissance stratégique incontournable, l’Espagne voit son influence maritime et diplomatique s’effondrer. L’État cède progressivement le contrôle géopolitique du détroit de Gibraltar à un Maroc en pleine ascension économique et portuaire.
L’Espagne a historiquement joué un rôle de pivot géopolitique grâce à sa position contrôlant le détroit de Gibraltar. Pourtant, en mars 2022, le gouvernement ibérique a validé la position marocaine sur le Sahara, bouleversant ainsi un demi-siècle de doctrine diplomatique. Ce revirement spectaculaire fait suite à l’entrée irrégulière de 10 000 personnes à Ceuta en 2021 et coïncide avec la découverte d’opérations d’espionnage ayant visé l’exécutif espagnol. Simultanément, Madrid a dégradé ses relations avec les États-Unis et Israël en interdisant des vols militaires et des escales portuaires, un choix isolant le pays sur la scène internationale.
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Sur le front commercial, la concurrence marocaine devient écrasante. Selon une analyse détaillée par Militares Escritores, l’Initiative Atlantique Royale lancée par le Maroc en 2023 ambitionne de relier l’Afrique, l’Europe et l’Amérique via des infrastructures portuaires massives comme Tanger Med ou Dakhla Atlantique. Cette stratégie d’expansion s’est traduite par l’acquisition par Marsa Maroc de 45 % des parts d’une filiale du groupe espagnol Boluda, offrant au royaume une implantation directe dans neuf ports ibériques. Conséquence de cette inertie gouvernementale, les installations de la rive sud du détroit enregistreront un trafic de marchandises supérieur à celui d’Algésiras.
Ce dynamisme étranger contraste violemment avec le déclin de la flotte nationale. En 1985, la marine marchande espagnole comptait 601 navires de commerce. En 2025, le registre officiel n’en recense plus que 84, sans le moindre porte-conteneurs actif sous pavillon national. Le secteur de la pêche s’effondre dans les mêmes proportions, chutant de plus de 20 000 bateaux en 1989 à seulement 8 549 unités. La souveraineté logistique s’effrite également sur les quais, des terminaux cruciaux de Valence, Bilbao et Barcelone se retrouvant aujourd’hui sous la gestion quasi-exclusive de capitaux chinois.
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Enfin, l’Espagne accumule les revers sur le plan de la souveraineté territoriale directe. La colonie de Gibraltar s’étend en usurpant l’espace maritime espagnol pour aménager un aéroport et réaliser des opérations de ravitaillement naval régulières sans aucune opposition ferme. Plus au sud, le pays conserve le contrôle de l’espace aérien du Sahara depuis les îles Canaries, mais une éventuelle perte de cette compétence exposerait dangereusement l’archipel. Le contrôle des richesses sous-marines attise également les tensions, Madrid et Rabat se disputant activement le mont Tropic, une zone riche en cobalt et en tellure.