Il glisse sur le verglas en allant travailler, la CPAM refuse : une capture d’écran fait basculer l’affaire

- 06h00 - France - Ecrit par : Betty de G.

Un salarié né au Maroc s’est battu contre la CPAM de l’Aube pour faire reconnaître une chute survenue sur le chemin du travail. Son employeur contestait notamment ses horaires, mais plusieurs preuves ont convaincu le tribunal judiciaire de Troyes de lui donner raison.

Le 17 janvier 2025, cet homme de 55 ans se rend à pied à son travail, où il doit prendre son poste à 6 heures du matin. Il affirme avoir glissé sur une plaque de verglas, sur un parking public, et s’être blessé à la cheville gauche. Dès 5 h 35, il prévient son responsable par message qu’il s’est fait une entorse.

L’employeur émet des réserves sur les circonstances de l’accident. Selon lui, le salarié habite à seulement cinq minutes de son lieu de travail. Pourquoi serait-il parti aussi tôt pour commencer à 6 heures ? La CPAM refuse finalement de reconnaître l’accident de trajet, une décision maintenue après un premier recours.

Une capture d’écran qui change le dossier

Devant le tribunal judiciaire de Troyes, le salarié apporte une réponse précise. Une capture d’écran d’un site d’itinéraires établit que son trajet à pied dure 17 minutes, et non cinq. Il explique également qu’il doit arriver vers 5 h 50 pour avoir le temps de mettre sa tenue professionnelle.

D’autres éléments viennent appuyer son récit. Un relevé météorologique confirme des températures négatives le matin de l’accident. Le message envoyé à 5 h 35 prouve qu’il a immédiatement signalé sa blessure, tandis qu’un certificat médical établi le jour même constate une entorse des ligaments externes de la cheville gauche.

La CPAM souligne qu’aucun témoin n’a assisté à la chute et que l’intéressé n’a consulté son médecin qu’à 9 heures. L’employeur avait également évoqué un avertissement disciplinaire antérieur et des reproches concernant son comportement professionnel.

Dans son jugement du 9 octobre 2026, le tribunal écarte ces arguments. Les antécédents disciplinaires sont sans rapport avec l’accident, et la loi n’impose pas la présence d’un témoin. Les juges considèrent que les preuves réunies sont suffisamment précises et concordantes pour établir que la chute s’est produite sur le trajet du travail.

Né au Maroc le 12 mars 1969, le salarié obtient ainsi la reconnaissance de son accident de trajet, plus d’un an et demi après les faits. La CPAM de l’Aube est condamnée aux dépens et doit désormais examiner ses droits à indemnisation sur cette base. Le tribunal ne fixe aucun montant dans sa décision.