Un grand groupe français quitte la France pour le Maroc pour diviser ses coûts par trois

- 07h00 - Maroc - Ecrit par : L.A

Le groupe français Daher s’apprête à délocaliser une partie de sa production industrielle de Tarbes vers Tanger et des sous-traitants marocains. Objectif : diviser les coûts par trois et redresser la rentabilité de sa branche d’aérostructures.

Le Maroc s’impose comme le point d’ancrage de la nouvelle stratégie économique de l’équipementier. Confronté à de lourdes pertes financières sur sa branche industrielle en France, plombée par l’explosion du prix des matières premières après la crise sanitaire et le conflit en Ukraine, Daher réagit. Le groupe lance un plan de restructuration interne baptisé « Edge ». Ce programme prévoit de basculer la charge de travail liée aux pièces élémentaires métalliques vers des zones plus compétitives, le site français de Tarbes ayant du mal à rester rentable sur les éléments simples produits en grande série.

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Cette réorganisation industrielle se déploie à travers deux projets distincts d’ici la fin de l’année 2027. Le premier volet prévoit de confier la fabrication d’un millier de références de pièces de faible complexité à des sous-traitants installés au Maroc. Le second volet va transférer l’assemblage de revêtements de sous-section composites et métalliques pour les programmes d’avions Airbus A320, A330 et A350 directement sur le site de Daher à Tanger. Selon L’Usine Nouvelle, l’opération permettra un retour sur investissement en trois ans, le coût du travail étant divisé par trois au Maroc.

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Sur le site des Hautes-Pyrénées, ce transfert d’activité va représenter une baisse de charge de plusieurs dizaines de milliers d’heures de travail, sans destruction d’emplois fixes. La soixantaine de salariés concernés sera reclassée en interne, tandis qu’une quarantaine d’intérimaires verront leurs contrats s’arrêter. Cette baisse de pression sur l’usine française doit lui permettre de résorber ses retards de production. Elle offre surtout l’opportunité de libérer des capacités industrielles pour conquérir de nouveaux marchés militaires liés à l’économie de guerre et préparer l’arrivée du futur successeur de l’A320.