Guerre des taxis au Maroc : Laftit s’attaque enfin aux « lobbies » des grimates
Face à l’obsolescence du cadre juridique de 1963, le Parlement exige une modernisation radicale du secteur du transport. Le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, pointe du doigt la résistance des « lobbies » bénéficiaires du système des agréments (« grimates ») qui bloquent toute réforme structurelle.
Le bras de fer s’intensifie autour de la réforme des taxis au Maroc. Le Parlement a relancé cette semaine le débat sur la nécessaire refonte du Dahir de 1963, un texte jugé inadapté aux réalités technologiques actuelles et aux besoins de mobilité des citoyens. Au cœur des critiques : le système des « grimates » (agréments), qui limite l’accès au marché et favorise une économie de rente au détriment des chauffeurs professionnels et de la qualité de service.
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Les propositions législatives visent une rupture avec le statu quo : création d’une application nationale unifiée pour les petits et grands taxis, obligation de constitution en sociétés pour les détenteurs de multiples agréments afin d’assurer la couverture sociale des conducteurs, et professionnalisation accrue via une formation obligatoire. La transition énergétique vers des véhicules hybrides ou électriques est également à l’ordre du jour.
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Cette volonté de modernisation se heurte cependant à la réalité du terrain. D’un côté, les chauffeurs utilisant les applications de VTC continuent de subir des saisies de véhicules et des poursuites, faute de cadre légal clair. De l’autre, le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, a dénoncé une « forte résistance » émanant d’acteurs influents du secteur, qui profitent de la stagnation actuelle pour préserver leurs privilèges financiers.