Taxis au Maroc : le grand nettoyage a commencé
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Le débat s’intensifie chez les chauffeurs de taxi marocains. Alors que le Royaume accueille de grands événements comme la CAN, la profession s’interroge sur les meilleures méthodes de contrôle et d’organisation.
L’idée de réactiver et d’élargir le mécanisme du « client mystère » – des agents se faisant passer pour des passagers lambda – refait surface, portée notamment par le bureau de l’Union syndicale du transport routier (UMT) à Tétouan. Pour ce syndicat, ce dispositif ne doit pas cibler uniquement les chauffeurs, mais s’étendre aux détenteurs d’agréments afin de mettre à nu les dysfonctionnements structurels profonds du secteur.
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Cette méthode n’est pourtant pas nouvelle. Comme le rappelle Abderrahim Al Harras, de l’Association Al Karama à Rabat, des contrôleurs du ministère de l’Intérieur utilisaient déjà ce stratagème par le passé pour vérifier l’activation du compteur et empêcher les hausses de tarifs injustifiées. Pour ce représentant professionnel, le chauffeur honnête et compétent n’a rien à craindre de ces inspections inopinées. Il estime d’ailleurs que la ville de Rabat fait figure de modèle en la matière, mais regrette la faiblesse de la « culture de la plainte » chez les citoyens, qu’il encourage à signaler systématiquement tout abus aux services de sécurité.
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Cependant, cette focalisation sur le contrôle divise. Pour le coordinateur régional du syndicat à Casablanca, le « client mystère » est un pansement sur une jambe de bois. Selon lui, le véritable cancer du secteur reste le système de la « Grima » (agréments) et la multiplication des intermédiaires qui imposent des sommes illégales. Il plaide pour une réforme radicale accordant les autorisations directement aux chauffeurs professionnels pour barrer la route aux intrus et aux investisseurs qui n’ont aucun lien avec le métier.
Au-delà des agréments, la profession s’inquiète de la gestion technologique du transport. Les syndicalistes appellent à la mise en place d’un cadre juridique national pour les applications de transport, mettant en garde contre l’usage de plateformes étrangères qui ne garantissent pas la souveraineté des données personnelles des Marocains. Ils réclament le développement d’applications 100 % marocaines et, surtout, l’abrogation du dahir de 1963. Pour les professionnels, seule une nouvelle loi moderne, définissant clairement les droits et devoirs de chacun, permettra au secteur de sortir de l’anarchie actuelle.
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