Taxis au Maroc : ces pratiques qui font scandale

- 22h00 - Maroc - Ecrit par : S.A

Au Maroc, des militants associatifs dénoncent les comportements qu’ils jugent « antiprofessionnels » des chauffeurs de taxi, les prix exorbitants qu’ils pratiquent et appellent à une réorganisation du secteur.

Dans les grandes villes comme Casablanca, Rabat, Marrakech et Agadir, les chauffeurs de taxis préfèrent les clients étrangers aux Marocains. Le phénomène est plus perceptible aux heures de pointe ou lors de déplacements vers les quartiers populaires et la périphérie. Alors que des militants associatifs dénoncent des comportements « antiprofessionnels », certains chauffeurs justifient leur refus de transporter les passagers vers certaines destinations par l’embouteillage ou le manque de clients dans le sens inverse. Aure dénonciation : un certain nombre de chauffeurs imposent des frais supplémentaires sans justification ou refusent d’utiliser le compteur.

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Une partie des professionnels refuse de transporter les passagers vers leurs destinations, ce qui est contraire à la loi et porte atteinte aux principes mêmes de la profession, confirme Bouazza Kherrati, président de la Fédération marocaine des droits du consommateur auprès du site Al3omk. Selon lui, ce comportement nuit à l’image des villes marocaines, en particulier les villes touristiques comme Marrakech et Agadir, où le service de transport devrait constituer une vitrine civilisée reflétant le respect accordé aux visiteurs. Évoquant les tarifs des taxis, il a expliqué qu’ils sont encadrés par des lois nationales et des décisions préfectorales claires, qui sont souvent contournées par l’imposition de tarifs arbitraires ou par le non-usage du compteur dans les petits taxis, ouvrant ainsi la voie à l’exploitation des passagers.

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Pour Kherrati, il s’avère nécessaire d’introduire des réformes structurelles dans le secteur des taxis, incluant la formation professionnelle obligatoire des chauffeurs, ainsi que l’adoption d’outils numériques pour la surveillance et la fixation des tarifs. Aussi, a-t-il appelé à renforcer la présence sur le terrain des autorités afin de limiter les violations répétées, notamment dans les villes touristiques. Il relève que ce désordre reflète une faiblesse des mécanismes de contrôle, et appelle à une intervention ferme des autorités de sécurité et de régulation. Il leur demande de renforcer la présence de patrouilles de surveillance dans les stations de taxis et les grands boulevards, afin de mettre fin à ces comportements et garantir le respect de la loi.

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Selon le secrétaire général de l’Union démocratique marocaine du travail, les critiques adressées au secteur ne reflètent pas la réalité générale. Il affirme qu’un grand nombre de chauffeurs exercent leur profession avec sérieux. Il estime que certaines vidéos circulant sur les réseaux sociaux s’inscrivent dans le cadre de campagnes de dénigrement qui ne contribuent pas à résoudre les problèmes réels. Il appelle donc à traiter les infractions par les canaux institutionnels, sans généralisation. L’accent mis par les médias sur certains cas limités s’est transformé en une sorte de « campagne de diffamation » contre les chauffeurs de petits taxis, dénonce-t-il.

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Il assure que les autorités compétentes disposent des moyens juridiques et techniques pour encadrer toute infraction. Il appelle donc à rendre justice aux professionnels intègres et à ne pas généraliser les jugements qui nuisent à une profession ancienne et essentielle dans la vie des citoyens.

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