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Hajar Raissouni raconte comment elle a appris qu’elle a été graciée

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6 janvier 2020 - 20h40 - Société

Quelques jours après la célébration de son mariage, la journaliste Hajar Raissouni est revenue sur son séjour en prison. Les circonstances dans lesquelles elle a appris que la grâce royale viennent d’être révélées.

C’est sur son compte Facebook que la jeune femme est revenue sur ce moment où elle a appris qu’elle ne passera pas une année de prison ferme : « Il était 17 h 30, écrit-elle. J’étais en train de lire tandis que les autres prisonnières, fatiguées après la journée des visites, suivaient religieusement une série sur 2M. Soudain, j’ai entendu l’une des femmes m’appeler de la cellule à côté. Je n’avais pas le moral pour répondre. En plus, je ne parle jamais aux prisonnières à travers les barreaux parce que c’était interdit. Elle m’a finalement annoncé que le roi m’avait graciée ».

Pensant à une bonne blague venant de la part de cette dernière, elle n’y a pas donné d’importance. « Je n’y ai pas cru. Elle m’a demandé de regarder Médi1 tv qui vient, selon elle, de l’annoncer. En mettant la chaîne, j’ai découvert que c’était une émission pour rendre hommage à Raissouni, une gynécologue-obstétricienne. J’ai repris ma place, estimant qu’il s’agissait d’une erreur ».

Elle retourne ainsi à sa lecture, avec un pincement au cœur. « Quelques minutes après, les prisonnières ont commencé à lancer des youyous et à me féliciter. Je ne comprenais rien. La chaîne a finalement annoncé que la grâce royale m’a été accordée, ainsi qu’à mon fiancé et au staff médical », a-t-elle déclaré, elle, qui avait « perdu espoir en la justice ».

La journaliste Hajar Raissouni avait été poursuivie pour « relations sexuelles hors mariage » et « avortement illégal ». En dépit des manifestations et des appels au respect des libertés individuelles, elle avait été condamnée par le Tribunal de première instance de Rabat, à un an de prison ferme assorti d’une amende de 500 dirhams. Son fiancé, de nationalité soudanaise, avait écopé de la même peine.

En ce qui concerne le médecin poursuivi pour avoir pratiqué l’avortement, il avait été condamné à deux ans de prison ferme avec interdiction d’exercer pendant 24 mois. Sa secrétaire a écopé, quant à elle, de huit mois de prison avec sursis. 

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