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Hajar Raïssouni présentée comme le symbole de la lutte contre les lois liberticides

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24 septembre 2019 - 13h40 - Société

Arrêtée le 31 août à la sortie d’une clinique de Rabat avec son compagnon, Hajar Raïssouni est devenue le symbole de la lutte pour les libertés individuelles et pour la liberté de presse. Sur le banc des accusés, il n’y a pas que la journaliste. On retrouve aussi le compagnon d’origine soudanaise de la jeune femme, le gynécologue, l’anesthésiste et la secrétaire médicale qui ont également été interpellés et poursuivis pour complicité d’avortement clandestin.

Le Parquet de Rabat a assuré que l’arrestation de la journaliste n’avait « rien à voir » avec sa profession. Mais, selon les propos recueillis par Le monde Afrique de la part des avocats et de l’entourage de la jeune femme, il ne fait pas de doute qu’elle était bien ciblée.

Selon le journal, Hajar Raïssouni a la particularité d’être la nièce de deux hommes connus et peu appréciés du pouvoir marocain. Le monde Afrique raconte qu’à des proches qui lui rendaient visite à la prison d’Al Arjat, près de Salé, Hajar Raïssouni a déclaré : « Je vais vers mon destin le cœur brisé et la tête haute ».

Les délits pour lesquels la jeune journaliste a comparu, le lundi 23 septembre, sont passibles d’emprisonnement, selon le Code pénal marocain.

Alors que la liberté provisoire lui a été refusée deux fois, les militants des droits de l’homme et d’autres sympathisants crient à la violation des droits basiques de la personne humaine.

C’est le cas de Souleymane Raïssouni qui a rappelé que l’arrestation de sa nièce est une occasion de dénoncer des lois liberticides, notamment, pour les femmes, et les méthodes d’un « pouvoir répressif » qui utilise ces textes pour procéder à des arrestations arbitraires.

Le journal écrit que, sur sa page Facebook, la journaliste postait régulièrement des textes courts, très littéraires, dans lesquels elle exprimait ses opinions sur l’actualité marocaine. Des textes qui laissaient voir une jeune fille qui refusait de composer avec les pesanteurs et l’hypocrisie sociale dans lesquelles se sont englués ses aînés.

Depuis le début de cette affaire, bien des personnes sont étonnées qu’une jeune femme simple qui croit en sa religion soit si persécutée. Pour certains comme Salwa, journaliste et amie de la jeune femme, Hajar ne s’est jamais prononcée contre l’avortement et être la nièce d’Ahmed Raïssouni qu’elle respecte énormément, ne fait pas d’elle une islamiste.

Ces derniers mois, selon des propos recueillis de ses proches par le journal, elle était plus inquiète. Elle disait sa lassitude de se sentir sous surveillance. Trois mois avant son arrestation, elle confiait : « S’il m’arrive quelque chose, ce sera lié à mes oncles. »

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