Hammam de Schaerbeek : Comment un simple conflit de voisinage a viré au procès pour meurtre
L’avocat général a requis le renvoi de Sofiane T. devant les assises pour meurtre de Bilal E.BE.B. Bien que la victime soit décédée d’une overdose dix-huit mois après les faits, le parquet invoque un lien de causalité direct.
Un conflit de voisinage survenu en février 2021 a pris une tournure dramatique lorsqu’un tir a atteint Bilal E.B. à l’abdomen. L’incident s’est produit à l’entrée d’un hammam de Schaerbeek cogéré par le prévenu, Sofiane T., après une altercation impliquant l’épouse de ce dernier.
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La victime a survécu initialement à ses blessures, mais elle est décédée en août 2022 des suites d’une overdose médicamenteuse. L’enjeu juridique actuel réside dans la requalification des faits : la famille demande que le suspect soit jugé pour meurtre devant une cour d’assises, et non plus pour simple tentative devant un tribunal correctionnel, indique La Dernière Heure .
Un lien de causalité entre les tirs et le décès par overdose
L’avocat général soutient que l’overdose est la conséquence directe des blessures par balle. « Des médicaments qu’il n’aurait pas pris si on ne lui avait pas tiré dessus ! », a martelé le magistrat, évoquant les douleurs constantes et les opérations subies par la victime pendant les dix-huit mois ayant précédé son décès.
Sofiane T. plaide pour sa part l’accident. Le quadragénaire affirme avoir saisi une arme par peur pour son épouse et que le coup est parti alors que la victime se jetait sur lui. Il décrit un climat de tension impliquant des individus prétendument armés de couteaux et en possession de drogue.
Le ministère public rejette cette version, soulignant qu’aucun couteau n’a été retrouvé sur les lieux. Pour l’accusation, l’acte de tirer à bout portant sur une personne impose d’en assumer les conséquences finales, le lien de causalité étant jugé évident par le parquet général.
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La famille de Bilal E.B. exprime son amertume face à la liberté dont jouit toujours le suspect cinq ans après les faits. Son frère déplore que Sofiane T. n’ait pas passé un seul jour en prison malgré la gravité de l’agression, tandis que ses sœurs rapportent des provocations continues de la part du prévenu.