Cour d’assises de Liège : un Marocain prétend avoir un « trou noir » après le meurtre de son épouse

- 15h00 - Belgique - Ecrit par : Bladi.net

Le procès d’un Marocain de 48 ans, accusé d’avoir tué son épouse de 25 coups de couteau en décembre 2021, s’est ouvert à la cour d’assises de Liège. L’accusé, Abrahim Oufrirh El Khoulati, a livré des aveux partiels, affirmant ne se souvenir que d’une fraction de la violence qui a conduit à la quasi-décapitation de la victime.

Né au Maroc et détenteur de la nationalité espagnole, l’accusé a retracé son parcours, de son émigration à Palma de Majorque en 1996 à son arrivée en Belgique en 2011. Il a épousé Rkia Zak en 1997. L’homme, qui alternait chômage et travail saisonnier, est décrit dans le dossier comme « égoïste, radin et jaloux », des traits qu’il conteste, se jugeant « normal ».

Il a également nié avoir rabaissé sa femme et ses filles ou les avoir contraintes à rester à la maison, des faits qui sont pourtant relevés dans l’enquête. L’accusé avait déjà été condamné à 12 mois de prison pour des coups et des menaces de mort en 2019 et 2020. Il avait notamment menacé son épouse de la tuer dans la cave, un acte qu’il a minimisé à l’audience en déclarant : « C’était pour la calmer ».

Un « trou noir » le jour du meurtre

Pour expliquer les faits survenus le 26 décembre 2021, Abrahim Oufrirh El Khoulati a invoqué la consommation d’alcool et de cannabis. Une dispute aurait éclaté lorsque son épouse lui a reproché d’avoir pris une seconde femme lors d’un séjour au Maroc.

« Je me suis énervé. Il y avait des insultes, elle me poussait », a-t-il prétendu. « J’ai pris un couteau qui servait à égorger le mouton lors de la fête du sacrifice. Je ne savais pas ce que je faisais. J’ai un trou noir. J’ai réalisé quand j’ai vu ma femme à terre ».

L’accusé soutient ne se souvenir que de trois coups de couteau, une version qui ne correspond ni aux constatations des médecins légistes ni aux explications fournies lors de la reconstitution. Il a affirmé ne pas se souvenir des lésions spécifiques liées à la décapitation, maintenant qu’il n’était « pas dans un état normal ».