Internement ordonné pour Yassine Mahi après le meurtre d’un policier en Belgique
La justice a tranché. Yassine Mahi, l’homme qui a poignardé à mort le policier Thomas Monjoie en 2022 à Bruxelles, ne sera pas jugé aux assises. La chambre du conseil a ordonné son internement, reconnaissant à la fois la nature terroriste de l’acte et la folie de l’auteur.
La décision met fin à un mois de délibération. Suivant l’avis des experts et la demande des parties civiles, le tribunal a estimé que l’accusé était irresponsable de ses actes au moment des faits. Il sera donc interné, provisoirement à la prison de Haren.
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Le dossier a mis en lumière un profil d’une rare complexité. Les psychiatres ont résumé la situation par cette phrase terrible : Yassine Mahi n’est « ni un criminel à punir, ni un malade à soigner, il est les deux ».
L’enquête a confirmé cette double facette. D’un côté, une radicalisation avérée : l’homme était fiché, sous surveillance, et possédait plus de 300 ouvrages salafistes. Il voulait s’en prendre à l’État belge.
De l’autre, une santé mentale en lambeaux. Le trentenaire disait « entendre des voix » et vivait dans un délire de persécution constant.
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Le drame du 10 novembre 2022 est le résultat de ce mélange explosif. Quelques heures avant l’attaque, Mahi avait cherché de l’aide auprès de la police, avant de s’enfuir de l’hôpital.
Frustré et persuadé qu’on se moquait de lui, il a basculé dans une psychose meurtrière en s’attaquant à la patrouille de Thomas Monjoie. Une « journée destructrice » qui se solde par une mise à l’écart définitive de la société, mais dans un cadre de soins.