Un imam marocain piégé par la télévision italienne

- 00h21 - Monde - Ecrit par : L.A

Un prêcheur turinois s’en prenait, dans ses exhortations, aux catholiques, aux juifs et aux femmes. Souad Sbai est indignée. Cette Marocaine qui a fait de l’intégration des immigrés en Italie le combat de toute sa vie, ne supporte pas le climat de haine et de violence que de prétendus imams prêchent dans leurs mosquées.

Les exemples sont légion. Dernier en date, un imam turinois, Mohammed Khohaila, professe en chaire la défiance du catholique et du juif : « Ne fréquentez aucun étranger (à l’islam, NDLR). Ne faites aucun compromis avec les athées. Il faut les tuer. Un point c’est tout. » À l’égard des femmes, son enseignement est du même acabit : « Elles sont inférieures à l’homme. Soumettez-les. N’hésitez pas à les battre. Elles fileront droit. »

Des mariages arrangés

Mais les invectives de ce marchand de fruits et légumes marocain, émigré en Italie depuis dix-neuf ans et qui s’est un jour improvisé prédicateur de la foi, ne sont pas passées inaperçues. La scène a été filmée par une caméra cachée de la Rai, et diffusée à la télévision où elle a fait grand bruit. Alfredo Mantovano, ancien vice-ministre de l’Intérieur de Silvio Berlusconi et sénateur d’Alliance nationale, demande l’expulsion immédiate du prédicateur. La magistrature a ouvert une enquête.

Ces exemples de fanatisme religieux se multiplient dans les mosquées italiennes. De Turin à Milan en passant par Padoue, l’Italie du Nord pullule de ces imams radicaux. Certains sont proches d’al-Qaida ou de sectes terroristes assimilées. Tel Abou Omar, l’imam égyptien enlevé en 2003 à Milan par un commando de la CIA. Ou encore Boukiri Bousta, le prédécesseur de Khohaila, expulsé d’Italie pour ses discours fanatisés.

Des actes d’intolérance dont les femmes d’immigrés sont les premières victimes, Souad Sbai en cite des dizaines. Cela va du mari, installé à Vérone, qui fracasse la mâchoire de sa femme sans raison apparente et que le juge relaxe au prétexte que cela « fait partie de leurs habitudes culturelles », au médecin syrien qui conseille à ses patients d’avoir plusieurs femmes « parce que cela fait du bien à la prostate ». En passant par des mariages arrangés dès le plus jeune âge, ou des imams qui célèbrent en douce des unions polygames en infraction avec la loi italienne, et d’innombrables cas de séquestration de femmes et de filles à la maison.

« Comment ne pas être révoltée ? », s’indigne Souad Sbai, qui préside la communauté marocaine d’Italie et dirige des publications destinées à faciliter l’intégration des immigrés. Elle part en guerre contre « l’hypocrisie » de la gauche : « Elle se remplit la bouche de multiculturalisme, de respect des diversités culturelles. Sans chercher à dénoncer les pressions et les violences auxquelles les femmes d’immigrés musulmans sont soumises. » Elle poursuit : « De nombreuses Marocaines sont contraintes de porter le voile parce que l’imam a dit à leur mari qu’il n’était pas un homme si sa femme s’y refusait. Elles restent analphabètes. » Alors qu’au Maroc, fait-elle valoir, le voile n’est pas obligatoire et le taux d’analphabétisme a régressé de 80 à 35 % en sept ans parmi les femmes grâce à la nouvelle loi sur la famille. Elle réclame davantage de fermeté vis-à-vis des imams radicaux prêchant le djihad : ils devraient, selon elle, être expulsés.

Le Figaro - Richard Heuzé

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