Même incomplète, une enquête au Maroc peut faire supprimer l’aide sociale pour les MRE

- 13h00 - Monde - Ecrit par : Mohamed A.

Une enquête néerlandaise au Maroc n’a pas besoin de résoudre toutes les zones d’ombre pour menacer la « bijstand ». Les éléments recueillis peuvent suffire à contraindre le bénéficiaire à prouver lui-même l’origine, la propriété et la valeur d’un bien suspecté.

Une maison difficile à retrouver, un titre foncier absent ou une réponse partielle des autorités marocaines ne mettent pas nécessairement fin au contrôle. Même incomplet, le rapport transmis à une commune néerlandaise peut déclencher une étape décisive pour le bénéficiaire de l’aide sociale.

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Le guide officiel Handreiking inkomen en vermogen in het buitenland V2026 reconnaît que les enquêteurs ne parviennent pas toujours à répondre à toutes les questions. Certaines informations ne sont pas enregistrées, restent inaccessibles ou ne peuvent pas être retracées au moment des recherches.

La commune peut néanmoins confronter le bénéficiaire aux éléments déjà découverts et lui demander les pièces manquantes : acte de propriété, titre foncier, document d’héritage, estimation du logement ou preuve qu’il ne peut pas disposer du bien. Le guide indique alors que la charge de fournir les éclaircissements se déplace vers l’allocataire.

S’il ne produit pas ces documents, les conséquences peuvent retomber sur lui.

Quand le droit à l’aide ne peut plus être calculé

Un rapport incomplet ne permet pas, à lui seul, de conclure à une fraude. La commune doit disposer d’éléments rendant plausible l’existence du patrimoine et, dans le cas d’une maison, la qualité de propriétaire ou de copropriétaire du bénéficiaire.

Le problème survient lorsque les indices montrent qu’un bien ou une activité existe probablement, mais que l’absence d’informations empêche de recalculer correctement le droit à la « bijstand ».

Si cette impossibilité résulte du fait que le bénéficiaire n’a pas déclaré sa situation ou ne remet pas les justificatifs demandés, la commune peut retirer l’aide pour la période concernée. Le guide donne un exemple comparable pour une activité exercée à l’étranger : lorsque le travail est établi mais que les revenus restent inconnus, le droit aux allocations peut devenir impossible à déterminer.

Les recherches immobilières sont particulièrement complexes au Maroc. L’immatriculation des maisons et des terrains n’y est pas systématique, notamment dans les zones rurales. Certains biens restent inscrits au nom d’un promoteur ou de l’État, tandis que les adresses peuvent être incomplètes ou instables.

Ces difficultés ne rendent pas nécessairement la propriété invisible. Les dossiers peuvent être transmis aux autorités locales par l’intermédiaire du ministère marocain de l’Intérieur. Celles-ci peuvent aider à identifier le bien et son emplacement, avant une vérification au Cadastre ou une expertise fondée notamment sur des coordonnées GPS.

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L’enquête ne prouve donc pas forcément tout. Elle peut cependant en établir assez pour obliger le bénéficiaire à compléter lui-même le dossier. Lorsqu’il n’y parvient pas et que son droit aux allocations ne peut plus être calculé, l’aide sociale peut être retirée malgré les lacunes du rapport marocain.