Dites-nous, Monsieur MRE…

- 09h33 - Maroc - Ecrit par : L.A

Le 21 décembre dernier, Driss El Yazami a été nommé à la tête du Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME), formé sous la houlette du CCDH. Après deux mois de silence, il parle enfin…

Que s’est-il passé au sein du CCME depuis sa création, il y a deux mois ?

Nous sommes en train d’élaborer notre programme et de constituer les groupes de travail. Nous devions d’abord régler les détails logistiques : l’une des difficultés que nous avons rencontré est celle de nous
organiser à 50 personnes, installées dans différents pays. Le dahir qui vient d’être publié attribue au CCME une triple fonction : évaluer les politiques de l’Etat en direction des Marocains à l’étranger, faire des propositions pour une meilleure participation de cette communauté à la vie démocratique du pays et, enfin, être une sorte d’observatoire de prospective. Nous devons aussi publier tous les deux ans un rapport sur l’état des communautés marocaines à l’étranger.

Ce sont ces fonctions qui ont présidé à la naissance du Conseil ?

L’émigration marocaine a plus d’un siècle, mais le pays n’a jamais connu un tel débat sur la question. C’est finalement grâce au roi et ses discours de novembre 2005 et 2006 que ce débat existe. Pour comprendre la naissance du CCME, il faut donc revenir à ce processus vieux de 2 ans.

Vous pensez qu’une dynamique s’est enclenchée ?

Incontestablement. La création d’un portefeuille dédié aux Marocains de l’étranger et placé sous la responsabilité du Premier ministre - et non plus du ministre des Affaires étrangères - a été un autre pas en avant. La nature transversale de la question des migrations nécessitait une coordination au niveau de la primature.

Quand vous dites que le CCME planchera sur la participation politique des MRE, s’agit-il d’une représentation au Parlement ou au sein d’un Conseil avec des membres élus ?

Plusieurs possibilités existent. Il faut avoir une approche comparative et voir ce qui se fait ailleurs. Pour l’instant, je n’ai pas encore de position tranchée. La question du lien entre nationalité et citoyenneté pose encore beaucoup de problèmes. Mais je crois que la question de la participation politique a pris trop d’ampleur. Il y a d’autres aspects tout aussi importants.

Par exemple ?

Je pense aux aspects cultu(r)els. À ce niveau, il y a une très forte attente de la part de nos ressortissants à l’étranger. À titre d’exemple, beaucoup veulent apprendre la langue arabe.

Le ministre en charge du dossier, Mohamed Ameur, a justement annoncé un effort accru pour l’enseignement de l’arabe. Avez-vous contribué à cette décision ?

Nous venons tout juste de prendre nos fonctions, mais nous donnerons notre avis sur la question. C’est notre rôle de dire si une politique va dans le bon sens ou pas.

Cela veut-il dire que vous êtes le “gendarme” de M. Ameur ?

On peut le dire comme ça, comme on peut dire que le Conseil est une enceinte de dialogue et de proposition. Nous avons un rôle d’évaluation des politiques publiques en termes d’émigration.

Entre le ministère et la Fondation Hassan II, quelle est la place du CCME ?

De l’avis du CCDH, il faut remettre à plat les missions et la gouvernance des acteurs de la question migratoire, pour veiller à une meilleure coordination. Ce paysage institutionnel sera donc certainement revisité.

Quelle est l’ambition du Conseil ?

Nous avons besoin d’une politique qui s’adapte à la réalité actuelle de la communauté marocaine à l’étranger. J’ai une préoccupation principale : que ces Marocains gardent leur attachement à leur pays d’origine. Il faut aussi réfléchir en termes de mobilité des élites. Auparavant, on pensait que le “brain drain” était à sens unique. Ce n’est plus le cas aujourd’hui : le défi est de faire circuler les compétences.

Le CCME a-t-il vocation à devenir représentatif ?

Il ne s’agit pas forcément de représentativité au sens électoral du terme, mais au sens qualitatif. Nous avons essayé d’être représentatifs, mais en hiérarchisant les critères, en tenant compte de la mondialisation de l’émigration et des différentes générations et en accordant une large place aux femmes. Le Parlement et le CCME ne sont pas les seules possibilités de représentation : l’action associative est aussi une forme de participation.

Est-il vrai que vous avez refusé le portefeuille de ministre de la Communauté marocaine résidant à l’étranger ?

Je pense être là où je suis le plus utile. Mais mon mandat doit être le plus court possible, en tout cas sous cette forme.

Source : TelQuel - Souleïman Bencheikh

  • Grand-messe des MRE ce week-end

    Le Conseil de la communauté marocaine à l'étranger ((CCME) tiendra, les 6 et 7 juin 2008, 5 mois après sa mise en place, sa première assemblée plénière. Celle-ci réunira, en plus du président, les 37 membres du conseil - nommés par Dahir - et les 18 membres observateurs (gouvernement et autres institutions).

  • Selon El Yazami le CCME n'est pas là pour régler les problèmes des MRE

    Le président du CCME, Driss El Yazami, a déclaré que le Conseil est une institution consultative et de prospective, et non pas une nouvelle administration pour recevoir des plaintes ou régler les problèmes des émigrés.

  • La feuille de route du Conseil des MRE

    Le Conseil de la communauté marocaine de l'étranger (CCME) a tenu à huis clos, les 6 et 7 juin à Rabat, sa première assemblée. Son président, Driss El Yazami, a présenté aux journalistes les conclusions de ses travaux. Trois points ont été exposés : le règlement intérieur, le budget alloué au CCME, l'activité 2008-2009 et les groupes de travail qui ont été constitués. « Le CCME est une instance de consultation, de prospection et de dialogue », insiste El Yazami.

  • CCME : El Yazami veut un soutien culturel et religieux aux MRE

    Le président du Conseil de la Communauté Marocaine à l'Etranger, Driss El Yazami, a plaidé pour assurer aux Marocains résidant à l'étranger, un soutien aux plans culturel et religieux pour consacrer leur attachement à leur pays d'origine.

  • La plateforme intercontinentale des MRE contre l'exclusion

    « Pour une citoyenneté participative effective des MRE » est le thème choisi pour une conférence internationale qui est annoncée à Amsterdam les 19 et 20 janvier. Organisée par la Plateforme intercontinentale des MRE, la conférence entre dans le cadre des rencontres de dialogue organisées à propos de l'immigration marocaine et ses problèmes, selon Jamal Rayane, l'un des organisateurs. Ce dernier livre plus de détails dans cet entretien.

  • Entretien avec Driss El Yazami, président du CCME

    Le conseil a défini son agenda de travail. Quels sont les grands chantiers dans lesquels vous allez aujourd'hui vous investir ?

  • Un avis consultatif du CCME sur l'immigration

    À travers le Conseil de la Communauté Marocaine à l'Etranger (CCME), le Conseil Consultatif des Droits de l'Homme (CCDH) s'apprête à émettre un avis consultatif destiné au Souverain.

  • La communauté marocaine à l'étranger, quels droits et quels acquis ?

    Les participants à une rencontre-débat sur le thème "La communauté marocaine résidant à l'étranger : quels droits et quels acquis ?", ont appelé à la mise en place de stratégies intégrées en faveur de la communauté marocaine établie à l'étranger et de mettre à profit tous les instruments et mécanismes juridiques afin de protéger leurs droits et ceux de leurs familles

  • Un plan MRE afin que les Marocains restent Marocains

    Etre Marocain et le rester quel que soit le pays où on se trouve. C'est la préoccupation majeure de l'Etat Marocain auquel on reproche plusieurs manques dans le domaine. Toutes les solutions ayant été tentées, voilà donc, le plan quinquennal des MRE. Promesses.

  • Le Conseil de la communauté marocaine à l'étranger s'organise

    Le Conseil de la communauté marocaine à l'étranger (CCME) met en place ses instances. Prochaine étape : préparation des avis pour les soumettre à Sa Majesté le Roi.