Irlande : un médecin d’origine marocaine condamné à huit ans de prison pour le viol d’une infirmière

- 05h50 - Maroc - Ecrit par : Jalil Laamoudi

Louay Kila, 31 ans, occupait le poste de médecin résident senior à l’University Hospital Limerick (UHL) au moment des faits. Il a été reconnu coupable du viol et de l’agression sexuelle d’une collègue infirmière, commis en mars 2024 dans un appartement de la ville de Limerick. Bien que le prévenu ait nié les accusations, le jury a tranché en faveur de la victime après un procès éprouvant.

Le juge Sean Gillane a souligné que le Dr Kila avait « délibérément exploité » la vulnérabilité de la victime. Cette dernière était en état d’ivresse et endormie sur un canapé lorsque l’agression a débuté. Malgré les injonctions de l’infirmière lui demandant d’arrêter, le médecin a poursuivi ses actes criminels avant de tenter de l’embrasser de force au moment de son départ, rapporte The Irish Times.

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Un facteur aggravant a particulièrement pesé dans la sentence : l’envoi d’une photographie de l’agression au petit ami de la victime via les réseaux sociaux. Le juge a qualifié cet acte de « manœuvre délibérée d’humiliation » ayant causé un traumatisme supplémentaire. Ce message, envoyé alors que la victime était inconsciente, avait provoqué la rupture immédiate du couple.

Le service de santé irlandais (HSE) a exprimé ses regrets après le verdict, admettant une faille grave dans sa gestion interne. « Le Dr Kila aurait dû être suspendu de sa pratique clinique dès que nous avons eu connaissance de l’agression. Malheureusement, cela ne s’est pas produit », a déclaré la direction régionale, alors que le médecin a continué d’exercer pendant un an avant sa suspension volontaire.

Durant le procès, Louay Kila a soutenu que les rapports étaient consentis et que la victime avait inventé ces accusations par peur de la réaction de son compagnon. Le magistrat a fustigé cette défense, affirmant que le prévenu avait maintenu des déclarations mensongères en toute connaissance de cause, malgré son statut de professionnel de santé assermenté.

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Condamné à huit ans de prison ferme, l’ex-médecin est désormais inscrit au registre des délinquants sexuels. La victime, qui a déclaré avoir enfin « obtenu justice », a confié avoir été physiquement malade à l’idée de retourner travailler dans le même établissement que son agresseur. Elle espère désormais que son courage encouragera d’autres survivantes à briser le silence.