48 jours dans la rue à Sebta : Saad préfère finalement rentrer au Maroc

- 15h00 - Espagne - Ecrit par : Betty de G.

Saad a réussi à franchir la frontière de Sebta. À 19 ans, il pensait poursuivre sa route en Espagne. Mais après 48 jours passés dans la rue, le jeune Marocain a pris une décision que ses amis refusent encore de prendre : rentrer au pays.

Depuis les passages massifs de la fin juillet, des milliers de personnes vivent toujours sur les plages de Sebta. Au Trampolín, les abris sont faits de branches, de bâches et de cartons. Ceux qui ont de la chance trouvent un matelas abandonné. Les douches n’ont été installées que récemment et les toilettes sont trop peu nombreuses.

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Karim, originaire de Tétouan, dort lui aussi sur cette plage. Il avait d’abord trouvé refuge dans un bois, avant que la police ne l’en fasse partir. Il voudrait une place dans un centre d’accueil pour échapper au froid nocturne et aux bagarres. Mais il n’ose guère quitter le campement : il craint d’être arrêté en ville et reconduit à la frontière.

Ses amis restent, Saad renonce

L’ouverture d’un nouveau centre de 1 800 places dans le port devait permettre à une partie des personnes restées dehors de trouver un toit. Saad et ses amis n’y ont pas obtenu de place. Ses compagnons décident de patienter sur la plage. Lui estime avoir assez attendu.

Le manque de places frappe d’autres Marocains à Sebta. Cinq femmes ayant accouché sont restées à l’hôpital alors qu’elles pouvaient en sortir médicalement : sans hébergement, elles se seraient retrouvées à la rue avec leurs nouveau-nés.

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« Vivre dans la rue pendant 48 jours, c’est long. J’abandonne », confie Saad au journaliste du Reformatorisch Dagblad. Il annonce qu’il va rentrer chez lui au Maroc. Ses amis, eux, restent à Sebta et continuent d’espérer une place.