Diplômé en ingénierie électrique au Maroc, Mohamed traverse à la nage et finit dans la rue à Ceuta
À 26 ans, Mohamed possède un diplôme en ingénierie électrique et travaillait au Maroc. Le 30 juillet, il a quitté Fnideq à la nage pour rejoindre Ceuta. Quinze jours plus tard, il dort toujours dehors et dépend de distributions de nourriture.
Mohamed n’était pourtant ni sans formation ni sans emploi. Avant son départ, le jeune homme travaillait dans une usine à Tétouan, douze heures par jour et six jours par semaine, pour environ 300 euros mensuels. Une situation dans laquelle il ne voyait aucune possibilité de construire son avenir, raconte-t-il dans un journal publié par El País.
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Originaire de Fnideq, juste en face de Ceuta, il avait déjà tenté le passage un an auparavant avant d’être intercepté par la police marocaine. Le 30 juillet au matin, après avoir appris que des personnes parvenaient à rejoindre la ville espagnole à la nage, il décide de tenter à nouveau sa chance. À 9 heures, il se trouve de l’autre côté de la frontière.
Ses parents avaient eux-mêmes travaillé dans la zone commerciale du Tarajal avant la pandémie. La fermeture de la frontière avait mis fin à leur activité et à leurs revenus. Mohamed dit aujourd’hui se sentir comme « l’espoir » de sa famille.
La réalité de Ceuta est pourtant très éloignée de celle qu’il espérait. Sa première nuit, il la passe dans les hauteurs, sans savoir où dormir ni ce qu’il mangera le lendemain. Le jour suivant, faute de douche, il se lave dans un cours d’eau et en boit l’eau, ce qui lui provoque des douleurs à l’estomac.
Du diplôme d’ingénierie à la survie quotidienne
Mohamed finit par rejoindre la zone industrielle du Tarajal, où des centaines de migrants dorment dans ou autour d’anciens locaux commerciaux. Certains disposent de matelas ou de couvertures ; d’autres, comme lui, dorment directement sur le sol.
Une fois par jour, l’ONG Luna Blanca distribue de la nourriture. Pour beaucoup, il s’agit du seul repas de la journée. Mohamed raconte des journées entières consacrées à chercher de quoi manger et un quotidien fait de pain, de mortadelle ou des portions distribuées par les bénévoles.
L’annonce d’éventuels retours vers le Maroc accroît encore son inquiétude. Le 11 août, après n’avoir mangé qu’une petite portion de pâtes à la tomate, il explique penser le soir à la possibilité d’être renvoyé au Maroc et en pleurer.
Avec d’autres migrants, il participe le lendemain à la confection de pancartes pour rappeler qu’ils ont des métiers, savent travailler et demandent une chance de pouvoir le faire. Deux semaines après avoir quitté le Maroc, Mohamed reste pourtant sans logement et sans savoir ce qui l’attend.
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Au moment de quitter les journalistes, épuisé, le jeune diplômé ne formule plus qu’une demande : « S’il vous plaît, ne me laissez pas ici. »