1 200 dirhams par mois, puis la nage vers Sebta : pourquoi ils sont partis

- 20h00 - Maroc - Ecrit par : Farid Laamoudi

Derrière la traversée massive vers Sebta, plusieurs jeunes Marocains racontent des salaires trop faibles pour vivre et l’absence de perspectives. Pour certains, les messages diffusés sur WhatsApp ont été le déclencheur du départ.

À 18 ans, Sohaib travaillait dans un café de Tétouan pour 1 200 dirhams par mois, auxquels s’ajoutaient quelques pourboires. Il devait aussi aider sa mère et sa sœur, presque sans ressources.

Sur Bladi.net : Ils ont risqué leur vie pour entrer à Sebta, puis tout fait pour rentrer au Maroc

Il pensait depuis plusieurs mois à quitter le Maroc. Lorsque des groupes WhatsApp ont commencé à annoncer un passage massif vers Sebta par la mer, il a tenté sa chance. Il avait appris à nager correctement et affirme avoir franchi la frontière sans difficulté majeure.

La suite a été plus brutale. Sans nourriture dans les rues de Sebta, il dit avoir été regardé « comme un animal » avant d’être reconduit vers le Maroc.

Dans son reportage à la frontière, Libération donne également la parole à Houssam, 21 ans, venu d’Azrou avec trois amis.

2 000 dirhams pour travailler toute la nuit

Boulanger-pâtissier, Houssam travaillait de 22 heures à 5 heures pour 2 000 dirhams par mois. Orphelin de mère et abandonné par son père, il affirme ne plus voir d’avenir au Maroc.

Malgré son retour forcé, il dit vouloir recommencer autant de fois que nécessaire, à la nage ou en tentant de se cacher sous un camion à destination d’Algésiras.

Une adolescente de 14 ans avait, elle, marché plus de vingt kilomètres depuis la région de Fnideq pour rejoindre la frontière. En pleurs au moment de rentrer au Maroc, elle expliquait avoir voulu fuir la pauvreté.

Sur Bladi.net : Il gagnait 8 000 dirhams au Maroc, il finit dans une ruelle à Sebta

Yassin, 30 ans, avait déjà réussi à rejoindre l’Europe avant d’être renvoyé au Maroc. Cette nouvelle tentative montre que l’échec et les dangers du passage ne suffisent pas toujours à mettre fin au projet migratoire.