Jugée trop faible pour les études générales, elle découvre à 27 ans qu’elle est surdouée
À l’école, Meriëm Najjar allait parfois jusqu’à rendre des réponses incomplètes pour éviter d’obtenir de trop bonnes notes. Aujourd’hui, cette Néerlandaise d’origine marocaine accompagne des enfants à haut potentiel et aide les établissements scolaires à mieux les identifier.
À la fin de l’école primaire aux Pays-Bas, Meriëm Najjar reçoit une recommandation pour le vmbo, une filière secondaire principalement orientée vers l’enseignement professionnel. Elle estime pourtant avoir les capacités de poursuivre des études plus générales, mais n’ose pas contester l’avis de son enseignant.
À son arrivée dans le secondaire, un test de niveau révèle qu’elle peut suivre la filière havo, qui prépare notamment à l’enseignement supérieur professionnel. Elle intègre alors une classe mixte vmbo-havo. Après deux années d’efforts, elle parvient à rejoindre le havo.
« Cet avis m’a fait énormément douter de moi », confiait-elle au média néerlandais RTL Nieuws, dans un portrait publié en février 2025.
La jeune fille avait grandi dans un village à majorité chrétienne, où elle était la seule élève à porter le voile dans sa classe. Ses bons résultats lui valaient parfois des remarques de ses camarades. Pour éviter d’attirer l’attention, elle raconte avoir volontairement laissé certaines réponses incomplètes lors des évaluations.
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Ce n’est qu’à 27 ans que Meriëm découvre qu’elle est surdouée. Cette révélation lui permet de mieux comprendre son fonctionnement intellectuel et ses difficultés à trouver sa place durant sa scolarité. Sa première réaction est de se demander pourquoi personne n’avait repéré ses capacités lorsqu’elle était enfant.
Elle avait aussi changé de prénom pour s’intégrer
Son parcours scolaire avait également marqué son rapport à ses origines. Consciente des difficultés rencontrées par son frère aîné pour trouver du travail avec un prénom arabe, Meriëm avait choisi de se faire appeler Mirjam. Pendant des années, son entourage l’a connue sous ce prénom néerlandais.
Elle a finalement repris son prénom d’origine à la fin de l’année 2024. Devenue spécialiste du haut potentiel, elle accompagne désormais des enfants, leurs parents et des établissements scolaires.
Son expérience rejoint les résultats d’une étude de SCALIQ, fondée sur 6 409 évaluations cognitives aux Pays-Bas. À niveau d’intelligence comparable, les élèves portant des noms classés comme arabes étaient scolarisés en moyenne un demi-niveau plus bas que ceux portant des noms européens. L’étude établit cet écart sans en identifier précisément les causes.
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Dans son activité professionnelle, Meriëm rencontre notamment des enfants issus de familles biculturelles dont les capacités ont été sous-estimées. Elle travaille avec les familles et les enseignants pour améliorer le repérage de ces élèves et leur proposer un accompagnement adapté.