Jusqu’à 10 000 euros par mois : le choix payant d’une infirmière marocaine en Belgique

- 20h00 - Belgique - Ecrit par : Farid Laamoudi

Arrivée en Belgique avec son diplôme marocain, Kamilia Fikri a délaissé le salariat hospitalier pour devenir infirmière indépendante. Un choix professionnel assumé qui lui offre une flexibilité totale et des revenus bruts confortables, malgré des horaires parfois très lourds.

En s’appuyant sur une application pour sélectionner ses missions, la société de Kamilia Fikri génère entre 8 000 et 10 000 euros brut par mois. Une simple garde de nuit peut lui rapporter jusqu’à 900 euros. Cette indépendance financière permet à la mère de famille de 31 ans d’assumer aisément son loyer de 1 000 euros et les 850 euros de frais de crèche. « Je fonctionne un peu par objectifs : une nuit pour le loyer, une autre pour les factures », détaille-t-elle auprès de Sudinfo. Totalement autonome, elle privilégie désormais son fils de deux ans plutôt que d’enchaîner frénétiquement les gardes.

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Avant de trouver ce précieux équilibre, la jeune femme a frôlé le surmenage. Initialement embauchée à temps plein au service chirurgie de l’hôpital MontLégia à Liège, elle a commencé à cumuler des soins à domicile en complément. Ses semaines ont rapidement frôlé les 70 heures de labeur, avec des journées s’étirant de 5 heures du matin à 23 heures. La naissance de son enfant a provoqué un déclic radical. Constatant qu’elle gagnait mieux sa vie à son compte, elle a définitivement quitté le système classique. « Aujourd’hui, je suis ma propre cheffe, et ça change tout », glisse-t-elle.

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Cette réussite vient couronner un parcours semé d’embûches. Débarquée à Verviers en 2017 avec son diplôme marocain et trois années d’expérience, elle a dû repasser sur les bancs de l’école durant deux ans et demi pour obtenir une équivalence. Si elle savoure aujourd’hui sa liberté, elle en accepte aussi la contrepartie précaire. Sans congés payés ni cotisations automatiques pour sa pension, la professionnelle doit anticiper la moindre charge financière. « Si je ne travaille pas, je ne gagne rien », résume l’infirmière, parfaitement lucide sur les exigences de son statut.