Renvoyée des urgences, Amina meurt à 30 ans dans l’indifférence générale
Amina Zellit avait 30 ans et la vie devant elle. Renvoyée des urgences après neuf heures d’attente sans le moindre examen sanguin, elle est décédée seule chez elle 24 heures plus tard. Un an après, sa famille affronte le silence méprisant de la justice et de l’hôpital.
Le calvaire a débuté le soir du 6 décembre aux urgences de l’hôpital Helora, site Kennedy, rappelle La Dernière heure. Amina se plaint de douleurs thoraciques et d’une grande faiblesse, mais le personnel la laisse patienter de 19 heures à 4 heures du matin, sans brancard, installée précairement entre un siège et un fauteuil roulant. Le verdict médical tombe sans investigation poussée : une simple radio, aucune prise de sang malgré l’insistance de son accompagnatrice. L’interne de garde renvoie la patiente chez elle en pleine nuit avec une ordonnance pour un aérosol, reportant les analyses au lundi suivant.
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L’état de la jeune femme ne s’améliore pas le lendemain. Traumatisée par cette nuit d’attente inutile, elle refuse de retourner à l’hôpital. Ce renoncement lui sera fatal. Son amie découvre son corps sans vie le dimanche matin dans sa maison de Cuesmes. Des médecins consultés a posteriori estiment qu’une pneumonie n’emporte pas une femme de 30 ans aussi brutalement et pointent une probable défaillance cardiaque qu’une simple prise de sang aurait pu détecter.
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La gestion policière ajoute de l’absurde au tragique. Les agents intervenus sur les lieux ont saisi le téléphone et les clés de la défunte sans dresser de procès-verbal. Lorsque la famille a réclamé ces effets, la police a d’abord nié les avoir pris, avant de justifier leur disparition par une “perte”.
Le combat pour la vérité se heurte depuis un an à un mur administratif. Le Parquet de Mons a classé l’affaire sans suite mais refuse toujours de communiquer le rapport d’autopsie à la famille. Safia, la sœur d’Amina, dénonce un système opaque où l’hôpital rejette toute médiation et où la justice demande à l’avocat de cesser ses relances. Les proches de cette éducatrice spécialisée, décrite comme solaire et engagée, restent aujourd’hui sans la moindre explication sur les causes réelles de sa mort.