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Karim Ghellab : « L’élément humain est au cœur de la problématique des accidents »

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14 octobre 2008 - 13h01 - Maroc - Par: Bladi.net

En marge des pages spéciales “Auto-Moto” qu’aufait vous propose toute cette semaine pour couvrir de l’intérieur le Mondial de l’Automobile de Paris, un dossier est consacré à la Sécurité routière...Et pour l’ouvrir, Karim Ghellab, Ministre de l’Equipement et du Transport, revient sur les grands chantiers en cours au Maroc.

A l’occasion de la deuxième édition de la Journée européenne de la sécurité routière, qu’a prévu le ministère ?

Le ministère de l’Equipement et des Transports sera représenté à cette journée par le Comité National de Prévention des Accidents de la Circulation (CNPAC) afin de se renseigner sur les initiatives innovantes en matière de protection des usagers vulnérables en ville, d’assister aux débats sur la problématique et tirer les enseignements des témoignages d’experts en la matière. Par ailleurs, le CNPAC mettra en compétition les spots de sensibilisation et d’éducation routière dans le cadre de la cérémonie officielle de remise des Trophées mondiaux des films de sécurité routière qui aura lieu en marge de la Journée européenne mardi...

Il convient de préciser que les états membres et la communauté internationale ont été appelés “à célébrer chaque année, le troisième dimanche de novembre, comme Journée mondiale du souvenir des victimes de la circulation routière, en hommage aux victimes des accidents de la route et à leurs familles”.

S’agissant de l’action du ministère de l’Equipement et des Transports dans le domaine de la sécurité routière en relation avec les événements mondiaux en la matière, il y a lieu de préciser qu’elle est en parfaite harmonie avec les principes fondamentaux des Nations Unies dans ce domaine... Notre pays dispose actuellement d’une organisation chef de file qui est le Comité Interministériel de la Sécurité routière présidé par M. le Premier Ministre. En outre, le Gouvernement a décidé de se doter dès novembre 2003 de plans stratégiques intégrés d’urgence de sécurité routière (PSIU) avec une fréquence de mise en œuvre triennale. Le premier PSIU a démarré effectivement en avril 2004 et a donné des résultats satisfaisants, et le deuxième PSIU couvrant la période 2008-2010 est actuellement en cours de mise en œuvre.

Quels sont les grands chantiers qu’a entamé ou que va entamer le ministère pour justement améliorer la sécurité routière au Maroc ?

Les grands chantiers pour améliorer la sécurité routière au Maroc sont principalement réalisés ou lancés dans le cadre des PSIU 1 et 2, et couvrent les axes suivants : Coordination et gestion de la sécurité routière à haut niveau, Législation, Contrôle et sanctions, Formation des conducteurs, Amélioration des Infrastructures routière en et hors agglomération, Secours et prise en charge des victimes, Information, sensibilisation et éducation routière, Projets d’accompagnement...

Quel message aimeriez-vous adresser au citoyen marocain pour une prise de conscience plus importante de sa part quant à la sécurité routière ?

Quand on parle d’insécurité routière, c’est de vies humaines qu’il s’agit et aucun individu n’est à l’abri de ce phénomène. De ce fait, quels que soient les programmes de prévention qu’on peut envisager et quels que soient les moyens humains et matériels qu’on peut mobiliser, le risque zéro n’existe pas. Les études menées à l’échelle nationale et internationale montrent que le rôle du facteur humain est prépondérant (80 à 90%) dans la survenue des accidents de la circulation ce qui montre que l’élément humain est au cœur de la problématique des accidents de la circulation.

Ainsi, toute la batterie de mesures avancée auparavant ne peut être efficace et efficiente que par le concours réel et l’adhésion effective du citoyen marocain. Il y a trop de morts sur nos routes et le nombre de 3.838 tués en 2007 nous interpelle tous, gouvernement, collectivité, secteur privé et société civile.

Je saisis cette occasion pour réitérer l’appel au respect des règles et des principes fondamentaux de la circulation routière.

Etant donnée la forte implication des usagers vulnérables dans les accidents de la circulation, ils sont invités à doubler de vigilance et utiliser les endroits et les espaces qui leur sont réservés.

Mon appel va également aux conducteurs automobiles pour leur dire que l’espace routier est un espace qu’on doit partager avec les autres catégories d’usagers de la route. Il faut notamment :

• réduire la vitesse et l’adapter aux conditions de circulation car la vitesse est un facteur de risque (plus de 30%) et un facteur aggravant des accidents de la circulation ;
• porter sa ceinture de sécurité à l’avant comme à l’arrière est un geste qui peut réduire le risque d’être tués de près de 50% en cas d’accidents ;
• porter son casque est un geste qui peut s’avérer banal pour un cyclomotoriste, mais qui réduit, selon les études, de 78% le risque d’être tué à cause d’un traumatisme crânien ;
• éviter de parler au téléphone au volant car le temps de réaction et, par conséquent, la distance d’arrêt en cas d’événement imprévu augmentent (de 30% à 70% selon les circonstances) ;
• respecter la signalisation routière aussi bien horizontale que verticale car, c’est un moyen de gestion des droits de chacun des usagers de la route dans l’espace public ;
• éviter de transporter des enfants sans système de retenue car ils peuvent se transformer en projectiles en cas d’accidents, même à faible vitesse.

Source : Au Fait - S.G.

Mots clés: Karim Ghellab , Accident , Code de la route marocain , Ministère de l’Equipement et du Transport

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