La peine de mort requise contre trois prêcheurs islamistes

- 15h47 - Maroc - Ecrit par :

La peine de mort a été requise à Casablanca contre trois prêcheurs islamistes accusés d’être des "cerveaux" du terrorisme au Maroc, a-t-on appris mercredi de source judiciaire.

Hassan Kettani et Abdelwahab Rafiki (Abou Hafs), considérés comme d’importants "théoriciens" intégristes, et un troisième prêcheur Hicham Saber, sont soupçonnés d’être des animateurs du mouvement Salafia Jihadia, tenu pour responsable des attentats terroristes du 16 mai à Casablanca.

La mise en délibéré devrait intervenir jeudi après une séance consacrée au "dernier mot" des accusés.

Ces derniers sont poursuivis pour "constitution d’une association de malfaiteurs, atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat, actes de sabotage et assassinats et tentatives de sabotage avec préméditation".

Le procureur de la Chambre criminelle de Casablanca a requis "la peine maximale" - la peine de mort - à l’encontre des trois prévenus, en l’absence de leurs avocats qui s’étaient retirés pour protester contre la procédure suivie par la cour.

Le procureur a affirmé que "Hassan Kettani et Abdelwahab Rafiki, même s’ils n’ont pas agi sur le terrain, sont les cerveaux de la cellule des kamikazes qui ont perpétré les cinq attaques suicide de Casablanca".

Ces attentats quasi-simultanés perpétrés le 16 mai dernier, ont visé des restaurants fréquentés par les étrangers, un hôtel et des cibles juives, faisant 45 morts, dont 12 kamikazes.

Hassan Kettani, présenté comme une "tête pensante" de la Salafia Jihadia, est né en 1972 à Djedda, en Arabie saoudite. Il appartient à une grande famille soufie marocaine dont la "zaouia (confrérie) Kettania", active dans le royaume, porte le nom.

Hassan Kettani avait été arrêté en février dernier, alors qu’il résidait au domicile d’Abdelkrim Khatib, le président du parti islamiste Justice et développement (PJD) représenté au parlement.

Abdelwahab Rafiki (alias Abou Hafs), arrêté le 18 mars, avait déjà purgé trois mois de prison après une condamnation en mai 2002 pour "incitation à la violence". Son père, Ahmed Rafiki, considéré comme le "doyen des vétérans marocains d’Afghanistan", a lui-même été condamné à 10 ans de prison le 18 juillet.

Les six avocats des trois prévenus s’étaient retirés mardi de la salle d’audience en protestation notamment contre la non-comparution devant la cour de 16 témoins qu’ils voulaient confronter à leurs clients.

La cour avait ensuite commis d’office un nouvel avocat, que les trois prévenus ont récusé.

AFP

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