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Le gouvernement Jettou s’enlise

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28 avril 2003 - 06h50 - Maroc

Après sa nomination Driss Jettou a cherché à s’entourer d’une large majorité numérique. D’où une majorité hétéroclite peu fiable.

Balayant cet argument du revers de la main, il a pensé pouvoir compter sur son habileté et sur la loyauté de ses partenaires. Mal lui en a pris car sa majorité s’est fracassée au premier écureuil. Le projet de loi sur la lutte anti-terroriste a été retiré pour que "le gouvernement revoit sa copie". Projet largement inspiré des nouvelles dispositions prises un peu partout dans le Monde après le 11 septembre, il était chahuté par les militants de droits de l’homme et les islamistes. Les partis de la coalition n’ont pas voulu l’assumer. L’istiqlal en premier a annoncé son désaccord, l’USFP lui l’a fait de manière plus nuancée. Jettou soit donc ravaler son chapeau, sur son premier projet de loi d’importance. Et ce n’est qu’un début. La majorité numérique n’a rien d’une majorité politique et aucun parti n’est prêt à assumer la moindre décision qui ne serait pas du goût du petit cercle médiatico-islamiste. Dés lors ce cabinet est condamné à faire dans la gestion courante.

D’ailleurs 6 mois après sa nomination il est totalement absent de la scène, son chef est encore plus hermétique que ses prédécesseurs, qui n’étaient pas des flèches en communication. Il réserve ses sorties aux chefs d’entreprises qu’il essaye de galvaniser sans succès. Malgré une bonne pluviométrie et la faiblesse de l’impact de l’agression sur l’Irak l’économie ne repart pas. Les investissements sont en recul, les bénéfices du secteur banque et assurance se rétrécissent au grand dam du trésor, le chômage s’aggrave et le climat social est très tendu. Les observateurs s’accordent donc pour estimer que la crise politique se profile. Le patronat Marocain, en mal de visibilité n’est pas prêt à relancer l’investissement. Le pari de Driss Jettou n’est plus raisonnable. Un ex-ministre USFPaiste Résume le problème en une jolie formule "Driss Jettou ne parle que de programme de mise à niveau, on n’a jamais vu un peuple manifeste pour la mise à niveau". Tous les politiques dénoncent l’absence de projet. Seulement on peut aisément leur renvoyer la critique. La panne de projet paraît généralisée et laisse libre-cours à la démagogie islamiste.

A quelque semaine des élections municipales, ce constat fait craindre le pire aux observateurs les plus lucides. Le taux de participation risque de chutes encore plus avantageant les islamistes qui eux ramènent à l’isoloir tous leurs supporters. Des villes comme Casablanca, Fès, Tetouan peuvent facilement tomber dans les mains des intégristes.

De vieux démons ressurgissent pour suggérer une "Coopération" de l’administration. Cela constituerait à coup sûr la décrédibilisation définitive de ce que l’on a appelé "l’expérience Marocaine". L’échéance de Juin est donc décisive pour le Maroc. Peut-on affirmer que le gouvernement Jettou la prépare ?.

J.B pour l’observateur.ma

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