Le Maroc chasse ses vieux démons

- 10h29 - Maroc - Ecrit par : Bladi.net

La plaque « Instance équité et réconciliation (IER) » est toujours accrochée au-dessus de la porte d’un immeuble de Rabat mais son travail est terminé.

Cette commission de vérité - première historique dans le monde arabe - vient de clore une enquête de deux ans, sur les exactions commises au Maroc entre l’indépendance en 1956 et la mort du roi Hassan II en 1999. L’IER et ses dix-sept membres ont fait leurs cartons la semaine dernière, emportant avec eux quelque 30 000 dossiers de demande d’indemnisation. « Un saut qualitatif dans ce dossier épineux », s’est satisfait le président de l’IER Driss Benzekri, ancien détenu politique, lors de la clôture des travaux fin novembre.

Disparitions forcées, détentions arbitraires, tortures... Après les auditions publiques télévisées d’une soixantaine de témoins, des enquêtes de terrain et d’archives, et la découverte de plus de 300 tombes, un volumineux rapport final doit être rendu au roi Mohammed VI, pour l’instant en déplacement. Ses recommandations doivent être rendues publiques ces jours prochains. Il s’agit de « propositions de réformes législatives, institutionnelles et éducatives à même de garantir la non-répétition des violations », a assuré Driss Benzekri. Beaucoup de victimes attendent aussi des réparations financières et un mea culpa étatique.

« Le dossier est loin d’être clos », déplore cependant Amin Abdelhamid, président de l’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH), lui aussi ancien prisonnier d’opinion. L’AMDH fustige l’impunité pénale. « L’IER n’a pas cherché les responsabilités individuelles et surtout institutionnelles. Alors comment corriger le système ? »

Lucie Badi - 20 minutes

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