Le narcotrafiquant aux 30 millions d’euros

- 22h12 - Espagne - Ecrit par :

Ses copains l’appellent El Nene (le gosse). Mais le vrai nom de ce jeune originaire de la ville de Sebta est Mohammed Taïeb Ahmed. A 26 ans, les Espagnols le considèrent comme l’un des plus riches trafiquants du nord marocains avec une fortune estimée à plus de 30 millions d’euros, laissant loin derrière lui Erramach avec ses 20 millions d’euros. "Un joint sur dix fumés en Espagne serait acheminé par El Nene", raconte-t-on.

Et c’est là où il s’est forgé sa réputation de pilote des Phantoms, ces grands zodiacs qui, au lieu de voguer, volent au-dessus des vagues à plus de cent kilomètres par heure. Quand la mer est agitée et que le vent de l’est est fort avec des vagues de plus de trois mètres, seul El Nene avait le courage de prendre le large. Un voyage d’environ une vingtaine de minutes pour lequel El Nene touchait entre 60.000 et 70.000 DH, selon des sources policières. Il n’hésitait pas de prendre son zodiac et défier la nature pour donner l’exemple à ses collaborateurs. Parmi tous les trafiquants, El Nene est décrit selon des rapports de la police espagnole, comme étant le plus audacieux.
A la tête de sa propre organisation, il gère lui-même ses réseaux de trafic de drogue. Mais ce n’est pas pour ça qu’il a été arrêté la première fois. C’est plutôt son mauvais caractère qui lui a joué un tour. Élevé dans la banlieue arabe de Sebta, il aimait s’en prendre aux militaires et gardes civiles espagnols... et un jour, il se retrouve en prison. De l’intérieur de sa cellule, il réussit, grâce à des connivences, à suivre ses affaires. Malgré son "sale" caractère, il se faisait peindre, au point que ses geôliers le qualifient d’une personne docile et aimable, avec de bonnes chances de réinsertion. De telles éloges s’expliqueraient par les offres matérielles qu’il faisait distribuer. Ceci ne durera pas longtemps et El Nene perd ses privilèges dans les prisons espagnoles. Toutefois, il réussit à décrocher un permis de sortie et se perd dans la nature. Il choisit de s’installer à Tanger où il se fait plus discret, en attendant de régler sa situation en Espagne. Une fois sa liberté retrouvée, il se remet au boulot. Comme tous les trafiquants, Taïeb ne possède que la chemise qu’il porte. Toute sa fortune est investie dans l’immobilier à Marbella et Marina Smir ainsi que dans une entreprise familiale à Sebta dont il est le gérant. Sans perdre de temps, il prend la relève des barons de la drogue arrêtés lors de la campagne d’assainissement lancée au Maroc en 1996. Des trafiquants notoires avaient trouvé le chemin de la prison comme Ahmidou Dib, Derkaoui, Ahmout... Une nouvelle génération de loups commençaient alors à voir le jour avec Errmach, El Nene et autres. Il fallait attendre la fusillade de Kabila en août dernier pour réactiver la campagne d’assainissement et mettre fin à ce feuilleton.

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