Lobbying au Maroc : l’OCDE lui donne 0 % sur la pratique
Le Maroc obtient un zéro sur la pratique du lobbying dans le dernier bilan de l’OCDE sur l’intégrité publique. Le Royaume remplit seulement 20 % des critères réglementaires examinés, très loin des moyennes observées dans les pays de l’organisation.
Le constat figure dans l’« Anti-Corruption and Integrity Outlook 2026 », publié le 24 mars par l’Organisation de coopération et de développement économiques. Pour le lobbying, le Maroc satisfait 20 % des critères portant sur la réglementation et 0 % de ceux évaluant la pratique. Les moyennes de l’OCDE atteignent respectivement 43 % et 38 %.
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Le zéro ne signifie pas que l’OCDE affirme que tous les actes de lobbying au Maroc sont irréguliers ou corrompus. L’indicateur mesure l’existence et la mise en œuvre de garanties destinées à encadrer l’influence exercée sur la décision publique.
Et c’est précisément là que le diagnostic de l’OCDE consacré au Maroc devient sévère : le Royaume ne dispose pas d’un cadre définissant les acteurs ou les activités de lobbying, ni d’un système permettant de publier les informations relatives à ces activités. Aucune autorité centrale n’est par ailleurs chargée de contrôler le respect d’un tel dispositif.
Le Maroc ne remplit en réalité qu’un seul des critères réglementaires retenus dans cette catégorie. Il concerne la transparence des bénéficiaires effectifs des entreprises. La loi 12-18 prévoit un registre permettant d’identifier les propriétaires réels des personnes morales. Ce registre existe et est accessible au public, mais l’OCDE relève que l’identité complète des propriétaires n’y est pas accessible gratuitement.
Le contraste avec le financement politique
Le résultat sur le lobbying tranche avec les notes obtenues par le Maroc dans d’autres domaines. En matière de conflits d’intérêts, le Royaume remplit 78 % des critères réglementaires et 33 % de ceux portant sur la pratique. L’OCDE relève notamment que tous les membres du gouvernement et 99 % des parlementaires ont déposé leurs déclarations de patrimoine et d’intérêts pour la période 2018-2023.
Elle constate cependant qu’aucune donnée n’est publiée sur les suites données aux conflits d’intérêts détectés ou sur les sanctions appliquées en cas de manquement.
Le contraste est encore plus spectaculaire avec le financement politique. Le Maroc obtient 100 % sur les critères réglementaires et 100 % sur la pratique, contre des moyennes OCDE de 76 % et 58 %. L’organisation souligne notamment l’interdiction des dons anonymes et des financements provenant d’États ou d’entreprises étrangères, ainsi que le contrôle des comptes des partis par la Cour des comptes.
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Le problème identifié par l’OCDE apparaît donc très ciblé : alors que le Maroc dispose de mécanismes relativement développés dans plusieurs domaines de l’intégrité publique, le lobbying reste largement en dehors d’un cadre spécifique et transparent.