Madrid propose son système de surveillance électronique à l’autre rive

- 01h45 - Espagne - Ecrit par :

L’Espagne souhaite voir installer sur les côtes marocaines un système de surveillance électronique analogue à celui mis en place depuis plus de deux ans sur celles andalouses.

L’annonce a été faite dernièrement par Consuelo Rumi, secrétaire d’Etat à l’Immigration. Rumi, citée par le quotidien andalou Europa Sur, affirme avoir l’intention de soumettre l’idée au prochain Conseil européen des ministres de la Justice et de l’Intérieur qui se tient en septembre.

Elle espère pouvoir convaincre l’UE de collaborer au financement de l’installation progressive d’un système de surveillance électronique sur les côtes méditerranéennes et atlantiques Sud du Maroc, un système similaire au SIVE espagnol, pour parer aux départs des embarcations de fortune chargées de candidats à l’émigration vers l’Andalousie et les Canaries.

Ainsi et selon la secrétaire d’Etat espagnole, l’installation d’un tel système qui a déjà fait ses preuves sur les côtes andalouses, est le meilleur moyen pour détecter tout type de mouvements suspects des embarcations dans les zones visées, prévenir les naufrages de ces pateras et éviter la mort des candidats à l’émigration clandestine. Rumi, estime en ce sens que le Maroc « est d’accord et qu’il est en train de mettre en place les moyens dont il dispose. Mais si pour l’Espagne la promotion du SIVE est très coûteuse, elle le sera encore plus pour un pays africain ».

L’Espagne qui revoit sa politique migratoire, compte sur le Maroc

Ce système technologique, affirme la secrétaire d’Etat, dans une récente déclaration à Europa Press, permettra d’éviter le départ de plusieurs pateras vers l’Espagne et détecter les mouvements de toute autre embarcation suspecte. Consuelo Rumi a affirmé en outre lors d’une récente visite au préside occupé de Sebta qu’il ne faut pas imputer la responsabilité de l’arrivée des dizaines de pateras sur les côtes espagnoles uniquement au Maroc. Il est bien clair, ajoute la secrétaire d’Etat, que le Maroc respecte tous ses engagements en matière de contrôle ainsi que du rapatriement des candidats à l’émigration interceptés par la Guardia Civil espagnole.

L’Espagne est, ainsi, en train de revoir toute sa politique de l’émigration.

La récente décision de régulariser la situation de centaines de milliers, dont près de 100.000 Marocains, vivant illégalement dans ce pays, dans le cadre d’un nouveau programme d’intégration sociale dont la mise en place est prévue pour le mois prochain milite dans ce sens de révision globale de la politique espagnole de l’émigration.

L’amélioration des relations entre les deux pays, le Maroc et l’Espagne, affirment certains observateurs, devrait donner des résultats appréciables en matière de lutte contre les mafias de l’émigration clandestine.

Toutefois, une telle lutte contre ce phénomène humain ne pourrait être efficace, affirment les mêmes observateurs, sans une amélioration de l’aide européenne au développement du Maroc et des autres pays africains émetteurs de l’émigration.

Seule une amélioration des conditions de vie des légions de désespérés qui affluent vers le Détroit et les côtes sud-atlantiques du Maroc pourrait les retenir dans leur pays. Sans cette forme de coopération, aucun autre moyen ne saurait permettre de mettre terme à ce fléau. Certes le système intégral de surveillance extérieur, SIVE, se veut un moyen efficace pour le contrôle du Détroit, affirment les mêmes sources, mais la réplique des réseaux de l’émigration clandestine ne s’est pas faite attendre. D’autres scénarii, de nouvelles méthodes et de nouvelles routes ont été rapidement imaginés pour contourner ce système et déjouer le contrôle électronique.

L’utilisation des « bateaux nourrices » déguisés en bateaux de pêche et transportant des centaines de candidats à l’émigration est l’un des plus récents moyens pour tromper la vigilance d’un tel système.

Il n’en demeure pas moinss que l’Espagne reste confiante en les prouesses de la technologie. En atteste la récente décision du gouvernement autonome du préside occupé de Sebta de payer pour plus de 275.000 euros, soit plus de 3 millions de dh, un nouveau système électronique composé de caméras et d’équipements informatiques quatre fois plus puissants que le précédent pour surveiller la bande frontière qui sépare le préside du Maroc.

Rappelons que, d’après des organisations non gouvernementales, plus d’un million d’immigrés vivant en Espagne, sur un total de plus de 2,5 millions, sont des clandestins. Ce sont en grande partie des Marocains et des Latino-américains. Du 1er janvier au 17 août 2004, 8 079 clandestins ont été interpellés par les forces de sécurité espagnoles, en légère baisse par rapport aux 8590 interceptés pendant la même période de 2003, selon des chiffres donnés par Mme Rumi.

Durant les quatre derniers mois, du 1er avril au 9 août, les autorités marocaines ont, pour leur part, arrêté 1072 candidats à l’émigration illégale vers l’Espagne.

Selon certaines sources, 6.000 autres candidats à l’émigration clandestine, d’origine subsaharienne, se trouvent actuellement dans plusieurs régions du Nord du Maroc attendant de prendre le large vers les cotes andalouses.

Tahar Abou El Farah - Libération

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