Le Maroc accélère, l’Espagne regarde dans le rétroviseur
L’économie marocaine franchit un cap historique. Boosté par une industrie automobile qui rapporte désormais plus que les phosphates, le pays devrait afficher une croissance deux fois supérieure à celle de l’Espagne jusqu’en 2031, selon les prévisions du FMI.
Adieu les phosphates, place aux voitures. Pour la première fois, le royaume gagne plus d’argent en exportant des véhicules qu’en vendant ses ressources minières. C’est un tournant majeur pour Rabat qui s’impose désormais comme le moteur industriel le plus dynamique du bassin méditerranéen.
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Les chiffres sont sans appel : le PIB marocain devrait progresser de 4,4 % en 2026 et 4,5 % en 2027. Cette dynamique, portée par des investissements massifs dans les infrastructures, permet au pays de surpasser des producteurs européens comme la Pologne ou la Hongrie. Comme le souligne El Economista, le Maroc est devenu le premier exportateur de voitures vers l’Europe, devant des géants comme la Chine ou le Japon.
Abdelmalek Alaoui, économiste et auteur de « Maroc, le défi de la puissance », explique ce succès : « L’avenir de l’Afrique ne sera pas écrit par des pays qui attendent les conditions parfaites, mais par ceux qui savent exploiter leur héritage pour devenir des modèles ». Avec une capacité de 960 000 véhicules par an et 270 fournisseurs, le royaume a structuré un véritable écosystème performant.
Cette métamorphose profite directement à la population. La pauvreté multidimensionnelle s’est effondrée, passant de près de 12 % en 2014 à 6,8 % en 2024. Le pays mise sur sa stabilité politique et des coûts salariaux compétitifs pour attirer des acteurs mondiaux comme Renault, Stellantis ou des fabricants chinois de batteries électriques.
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Rabat voit déjà plus loin avec un objectif de deux millions de véhicules produits par an d’ici 2030. Le gouvernement accélère également sur l’intelligence artificielle. Le plan est ambitieux : injecter 10 milliards de dollars dans l’économie numérique et former 200 000 spécialistes pour ancrer définitivement le pays dans la modernité.