Accidents de la route : Après la stabilisation, la baisse ?

- 00h38 - Maroc - Ecrit par : L.A

La deuxième version du Plan stratégique intégré d’urgence (PSIU 2), couvrant la période avril 2007-avril 2010, est pratiquement prête. Elle succédera au PSIU 1 (avril 2004-avril 2007). Si l’objectif initial du premier PSIU, à savoir la stabilisation du nombre de tués et de blessés graves causés par les accidents de la circulation, a été, selon le ministère du transport et de l’équipement, atteint , le deuxième plan vise, quant à lui, à inverser carrément la tendance avec l’infléchissement à la baisse de ces deux indicateurs. L’objectif fixé est d’arriver à avoir, à partir de 2010, une baisse de 5% par an du nombre de tués et de blessés graves, une tendance qui devrait s’inscrire dans la durée. C’est du moins ce qu’on espère...

Mais attention, souligne Mohamed Marhraoui, directeur des transports routiers, qui a aujourd’hui en charge l’aboutissement de ce projet : il n’est pas possible de réaliser les objectifs de ce plan sans l’adoption et la promulgation du projet de Code de la route qui est resté, lors de la précédente législature, au stade de la discussion au niveau de la commission infrastructure de la première Chambre. Cela suppose aussi la publication des textes d’application dont, entre autres, celui relatif au temps de conduite des chauffeurs professionnels, certes limité à 500 kilomètres par une circulaire ministérielle, mais dont il est difficile d’assurer aujourd’hui le contrôle, en l’absence justement de textes réglementaires.

Ceci étant, tout en gardant les mêmes axes de travail que pour le PSIU 1, une innovation est introduite dans le deuxième plan par l’implication, dès 2008, des collectivités locales dans la lutte contre les accidents de la circulation, notamment en leur octroyant, et c’est une première, des crédits pour faire de la prévention à leur niveau et en les incitant à trouver des financements par différents canaux. Cette décision vient à la suite d’enseignements tirés du premier Plan qui avait mis en évidence des éléments intéressants.

Des unités mobiles de pesage et de contrôle technique

Qu’on en juge : 41% des tués hors agglomérations sont des piétons et des conducteurs de deux roues, souvent à l’entrée des villes en raison de la vitesse, ce qui peut être atténué par l’aménagement de giratoires pour inciter les automobilistes à réduire celle-ci. A l’intérieur des villes, motocyclistes et piétons représentent 77% des tués, ce qui demande également des dispositions particulières. L’hécatombe sur nos routes n’est donc pas une fatalité, et contrairement à une idée reçue, ce ne sont pas les véhicules de transport de voyageurs et de marchandises qui font le plus de dégâts, malgré les accidents spectaculaires qu’ils provoquent.

Partant, le maître mot du PSIU 2 est le contrôle à tous les niveaux et la mise en œuvre des moyens humains et matériels nécessaires. Il s’agira donc de veiller à institutionnaliser les réunions de coordination des différents organes de contrôle (gendarmerie, police et agents du ministère du transport) ainsi que celles des comités régionaux qui devraient se réunir quatre fois par an.

Au niveau du contrôle, un certain nombre d’actions sont prévues. En premier lieu, à la seule station de pesage des poids lourds de Tit Mellil, vont s’ajouter, avant la fin de l’année en cours, celles de Fès et de Rabat, et, plus tard, quatre autres à Tanger, Oujda, Agadir et Marrakech. Et ce n’est pas tout, les services du ministère du transport viennent d’acquérir 13 bascules mobiles pour des contrôles inopinés sur les routes nationales.

De même, le contrôle de l’activité de visites techniques, qui a été ouverte à deux opérateurs internationaux, l’allemand Dera et le suisse SGS, va être renforcé par trois camions mobiles qui pourront stationner devant n’importe quel centre et vérifier de leur côté les véhicules sortant de ces centres.

L’effectif des contrôleurs du ministère du transport, actuellement au nombre de 57, va être renforcé par 25 autres d’ici fin décembre, qui auront reçu une formation à l’Ecole Hassania des travaux publics, et 50 autres seront recrutés en 2008 et 2009.

Enfin, d’autres axes du PSIU 2 portent sur le renforcement de l’examen du permis avec un examen théorique spécifique pour chaque candidat, qui sera isolé dans une cabine, le traitement des points noirs, le renforcement de l’activité de secourisme, la généralisation des radars et la vulgarisation des nouvelles lois auprès du public.

La vie éco - Mohamed Moujahid

  • Le ministère du transport décline son plan 2008-2010

    Tirer les leçons du premier Plan stratégique intégré d'urgence (PSIU) qui s'est étalé sur trois ans (2004-2007) et lancer le PSIU 2 (2008-2010), c'est ce que le ministère du transport et de l'équipement vient de réaliser avec une étude qui a servi de base pour élaborer les nouvelles orientations.

  • +23,95% de tués dans des accidents de la route

    Le nombre de tués dans les accidents de la route au cours du mois d'octobre dernier a augmenté de 23,95 pc soit 383 victimes, indique mercredi le ministère de l'Equipement et du Transport.

  • 3.676 morts sur les routes marocaines en 2007

    Dans un communiqué, l'Observatoire national de la sécurité routière précise que le bilan des dix premiers mois de 2007 a connu une hausse de l'ensemble des indicateurs relatifs aux accidents de circulation, notamment du nombre des accidents (+9,02 pc), du nombre des tués (+1,80 pc), du nombre des blessés graves et légers avec respectivement +0,40 pc et +9, 31 pc.

  • Circulation : plus d'accidents mais moins de morts

    La route a été moins assassine durant les sept premiers mois de l'année 2007 comparativement avec la même période de l'année précédente. L'Observatoire national des accidents de circulation routière qui a rendu publiques les statistiques relatives aux accidents de la circulation fait état d'une baisse de -1,48 % du nombre de tués, soit 2337 victimes. La même tendance à la baisse a été remarquée pour le nombre de blessés graves qui, avec 7950 nouvelles victimes, a connu une baisse sensible de – 1,75%.

  • A quand une vraie lutte contre les accidents ?

    C'est plutôt exaspérant pour l'ex-actuel ministre de l'Equipement et des Transports, que l'épineux dossier du transport routier et du code de la route n'est pas près d'être bouclé. Alors que les citoyens s'attendent à de vraies mesures de lutte contre l'hécatombe des accidents de la route qui n'en finissent pas de faucher des âmes innocentes, voilà que le département des Transports cède encore du terrain.

  • Hausse de 14% des victimes mortelles des accidents de la route

    Lors d'une récente rencontre à Casablanca sur la sécurité routière, le ministre du Transport, Abdelkrim Ghellab, a relevé une hausse inquiétante des accidents de la route durant les cinq premiers mois de 2008. Les accidents de la route sont en augmentation. Cette tendance à la hausse s'est confirmée durant les cinq premiers mois de l'année 2008. Le nombre des accidents a ainsi augmenté de 13,69% et celui des tués de près de 14% par rapport à la même période de l'année dernière. Pour ce qui est des blessés graves, leur nombre a enregistré une hausse de 10,38%. Des statistiques qui donnent froid au dos.

  • 3800 morts sur les routes en 2007, Karim Ghellab se défend

    Encore un plan stratégique intégré d'urgence (PSIU II) pour réduire le nombre d'accidents, de tués et de blessés. Et pendant ce temps, on a l'impression que le projet de code de la route a été oublié...

  • L'Etat dépassé par les accidents de la route : 10% de hausse

    L'hécatombe continue sur les routes marocaines. Sur les dix premiers mois de l'année, le nombre d'accidents de la circulation a augmenté de près de 10% par rapport à la même période de l'année 2007, entraînant une hausse du nombre de tués de 10,62% et de celui des blessés graves de 12,79%, tandis que le nombre de blessés légers a augmenté de 5,61%.

  • Accidents de la route : Silence on tue !

    Les routes marocaines sont parmi les plus meurtrières du monde. Tout le monde le sait. La presse fait régulièrement des dossiers sur la question. La preuve, nous recommençons aujourd'hui. Pourtant l'hécatombe continue. Sans un sursaut rapide de tous, à tous les niveaux, le Maroc continuera à déplorer les morts, les estropiés à vie, les orphelins…

  • Les accidents en chiffres

    En 2006 on recensait pas loin de 55.000 accidents de la route engendrant environ 86.000 victimes dont 3754 tués. Si une majorité des accidents se déroulent en agglomération (71%) les accidents en campagne ont fait 2140 victimes soit deux fois plus qu'en ville et la même proportion de blessés graves.