Immobilier au Maroc : des commissions à 100 %

- 08h00 - Maroc - Ecrit par : S.A

Des associations de protection des consommateurs au Maroc ont ras-le-bol de certaines pratiques d’intermédiaires immobiliers qui imposent des commissions excessives et injustifiées, atteignant parfois 100 % du montant du loyer, notamment dans de grandes villes comme la capitale, Rabat.

« Celui qui cherche logement locatif se retrouve face à des commissions élevées, atteignant dans des villes comme Rabat 100 % du montant initial du loyer », dénonce Ahmed Bayoud, président fondateur de l’association « Avec les consommateurs » auprès de Hespress. Selon lui, l’absence d’un cadre légal clair régissant cette profession ouvre la porte au désordre dans les prix et aux manipulations dans les commissions, ce qui entraîne un déséquilibre important entre l’offre et la demande, et place le consommateur dans une position de faiblesse permanente. Il insiste sur « la nécessité de stipuler dans le texte attendu des pourcentages maximum de commissions, souples et adaptables selon les spécificités des villes et la variation des prix de location ».

À lire : Immobilier au Maroc : un document administratif paralyse les ventes, les MRE touchés

Pour Bayoud, réglementer ce secteur de manière accrue ne signifie pas combattre la profession de médiation en elle-même, car elle est essentielle ; au contraire, cela vise à encourager une concurrence loyale et transparente, et à limiter les formes de collusion et de coordination secrète. Il suggère de s’inspirer de « l’expérience française », qui, est, selon lui, exemplaire et peut servir de référence pour réguler le marché et renforcer la confiance des citoyens. « La responsabilité de la protection du consommateur ne doit pas rester cantonnée aux questions de biens de consommation uniquement, mais doit inclure tout ce qui touche à la vie quotidienne des citoyens, à commencer par le logement », a-t-il martelé.

À lire : Maroc : ces escrocs qui louent de faux appartements pour les vacances d’été

Et d’estimer : « les associations spécialisées peuvent exercer une pression à travers des communiqués et la coordination avec des acteurs partisans, politiques et institutionnels afin de promouvoir davantage cette cause et plaider pour trouver une solution urgente ». « Le Maroc progresse dans tous les domaines, et il est nécessaire d’élaborer une vision officielle différente pour organiser certaines formes de médiation au Maroc, car elles connaissent un état de désordre », a affirmé pour sa part Boujemâa Mouji, vice-président d’Uniconso. Pour lui, « l’État est aujourd’hui appelé, plus que jamais, à intervenir d’urgence afin d’organiser clairement cette profession, de manière à garantir le respect du principe de libre concurrence et à empêcher le monopole ou les ententes tacites ».

À lire : L’immobilier marocain face à un risque majeur

Autrement, « l’absence de ce cadre légal nuit directement aux droits des consommateurs et les place face à des pratiques manquant souvent de transparence et d’intégrité », a ajouté Mouji. Il poursuivra : « Ce qui est demandé aujourd’hui, c’est de permettre au citoyen de payer en contrepartie d’un service dont il est satisfait, et non de l’obliger à verser une commission disproportionnée par rapport à la valeur réelle du service, dans une situation qui lui donne l’impression d’avoir été escroqué », dans un pays qui s’efforce d’ancrer la transparence et la justice sur le marché.

  • Maroc : le prix du café pourrait bientôt exploser

    L'Observatoire marocain de protection du consommateur s'inquiète de la flambée des prix du café sur les marchés mondiaux et des répercussions que cela pourrait avoir sur le pouvoir d'achat des Marocains. Il appelle le ministère du Commerce et de l'Industrie à protéger les consommateurs de toute pratique commerciale illégale susceptible d'affecter négativement leur pouvoir d'achat.

  • Immobilier au Maroc : des loyers moins chers

    Le gouvernement marocain entend créer un produit immobilier adapté aux capacités financières de la classe moyenne, tout en garantissant des standards de qualité et de confort. Dans ce sens, il a lancé une mission d'assistance visant à organiser un marché national du logement locatif intermédiaire.

  • Maroc : L'arnaque aux locations d'été

    Au Maroc, les associations de protection des consommateurs appellent à la nécessité d'accélérer la régulation et la mise en ordre du secteur de la location des appartements résidentiels, dominé par les « courtiers de rue » qui manipulent les prix et étranglent les portefeuilles des consommateurs.

  • Taxis au Maroc : ces pratiques qui font scandale

    Au Maroc, des militants associatifs dénoncent les comportements qu'ils jugent « antiprofessionnels » des chauffeurs de taxi, les prix exorbitants qu'ils pratiquent et appellent à une réorganisation du secteur.

  • Maroc : le pain, dangereux pour la santé ?

    L'Association marocaine de défense des droits du consommateur pointe du doigt la qualité des pains produits dans les boulangeries clandestines dans plusieurs quartiers et ruelles du royaume.

  • L'or, un luxe de plus en plus inaccessible au Maroc

    Le prix de l'or atteint des sommets inédits sur le marché marocain, suscitant l'inquiétude des consommateurs. Le gramme d'or 18 carats, le plus recherché par les familles, se négocie désormais entre 900 et 950 dirhams. Cette flambée intervient en pleine saison des mariages, période où la demande de bijoux est traditionnellement la plus forte.

  • Maroc : alerte à la hausse du prix du pain

    L'éventualité d'une augmentation du prix du pain suscite une vive inquiétude auprès des ménages marocains. Ce débat a été relancé par les récentes déclarations de la Fédération marocaine des boulangeries et pâtisseries, qui a laissé entendre qu'une hausse était possible en raison de l'inflation des coûts de production.

  • Huile d'olive : des pratiques illégales inquiètent au Maroc, les associations alertent

    Les associations de protection des consommateurs s'alarment de la prolifération de pratiques illégales consistant à commercialiser une huile d'olive suspecte, stockée dans des conditions non hygiéniques chaque année.

  • Maroc : faut-il légaliser la mahia (alcool) ?

    Des acteurs de la société civile marocaine plaident en faveur de la protection, de la promotion et de la valorisation de la « mahia », l'eau de vie de figue marocaine. Cela permettra d'éviter notamment une appropriation culturelle.

  • Maroc : ces escrocs qui louent de faux appartements pour les vacances d'été

    L'association marocaine de la protection des consommateurs a exprimé une vive inquiétude face à la diffusion sur les réseaux sociaux de publicités mensongères proposant des offres de location d'appartements en cette période estivale où la demande est forte.