Immobilier au Maroc : la réalité des prix qui s’envolent

- 19h00 - Maroc - Ecrit par : S.A

Alors que les données publiées par Bank Al-Maghrib (BAM) et l’Agence nationale de la conservation foncière indiquent une stabilité des prix des actifs immobiliers au niveau national durant le deuxième trimestre de l’année 2025, la réalité est tout autre. Les ménages marocains sont toujours confrontés à une hausse des prix de l’immobilier.

Cette contradiction flagrante entre des indicateurs techniques suggérant la stabilité voire la stagnation, et une réalité marquée par une hausse continue des prix des appartements et des maisons laisse libre court à plusieurs interprétations. Selon certains promoteurs immobiliers, cette hausse continue s’explique par la cherté des matériaux de construction et les coûts de production. Un argument qui ne manque pas de pertinence conjoncturelle, car des augmentations ont été enregistrées sur les marchés internationaux ces dernières années. Mais cette justification économique ne convainc pas pour autant certains qui pointent la cupidité sans limite de certains promoteurs immobiliers, s’alarme Hespress.

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La marge bénéficiaire, dans nombre de projets résidentiels, s’est transformée en un gouffre béant que ne justifient ni le marché, ni le pouvoir d’achat, ni même les critères éthiques de l’investissement, fait-on remarquer. Pour preuve, des prix astronomiques sont pratiqués dans certaines villes pour des appartements classés dans la catégorie « moyenne », mais qui atteignent ou dépassent le coût du logement de luxe dans des pays voisins. Ainsi, la mentalité marketing ne reconnaît pas l’intérêt général et ne tient pas compte de la réalité sociale de centaines de milliers de jeunes et de familles. Ceux-ci sont contraints de repousser encore et toujours le projet d’acquisition d’un logement, dans un contexte marqué par un déficit structurel d’offre adaptée au pouvoir d’achat.

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Même les actions mises en œuvre pour tenter de réduire l’écart, comme le programme « Soutien au logement » lancé en 2024, qui octroie des aides directes à ceux qui souhaitent acquérir une première habitation se heurtent au plafond de prix déjà trop élevé, à cause du mécanisme de fixation des prix qui repose sur la surévaluation des marges bénéficiaires plutôt que sur une vision sociale du logement en tant que droit, et non en tant que luxe.

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Fort de ces constats, il est urgent de « redonner à l’équation immobilière sa dimension humaine et de dépasser la logique de “vendre à tout prix” ».

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