Flambée de l’immobilier à Tanger : pourquoi la classe moyenne ne peut plus acheter
Le marché de l’immobilier à Tanger traverse une période de fortes tensions, marquée par une polémique grandissante sur le niveau des prix. L’acquisition d’un logement est devenue une équation complexe, voire impossible, pour la classe moyenne et les ménages à revenu limité, poussant de nombreuses familles à se tourner vers la location plutôt que de tenter l’aventure du crédit bancaire.
Cette situation, attribuée par certaines sources à des tarifs jugés « exagérés » de la part des professionnels, intervient alors que la ville s’apprête à accueillir des événements majeurs et vise à devenir un pôle d’attraction pour les investissements industriels et touristiques. Interrogé sur ce contexte par Hespress, un promoteur relativise la stagnation des ventes, la qualifiant de cycle « normal et naturel ». Il rappelle que les prix dépendent avant tout de l’emplacement et de la qualité, et qu’il existe des offres variant entre 700 000 et un million de dirhams, voire moins. Il avance que le taux de vente de 50 % à 60 % des unités avant leur achèvement contredit l’idée d’un marché inaccessible, notant au passage un déplacement de la demande vers la période hivernale.
Des coûts de production en hausse et la persistance du “noir”
Pour un autre promoteur, la cherté est un problème structurel inévitable. Il explique que les coûts de construction ont considérablement augmenté, avec un doublement des frais de main-d’œuvre et une hausse excessive du prix des matériaux. Ces facteurs contraignent les entreprises à afficher des prix élevés qui, selon lui, ne garantissent qu’une marge bénéficiaire réduite, d’autant plus que les sociétés font face à une pression fiscale accrue et à l’obligation de déclarer l’ensemble de leurs salariés.
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La réalité du marché tangérois atteint des sommets dans le centre-ville, où le mètre carré ne se négocie pas à moins de 30 000 dirhams. Ce dernier aborde également la problématique persistante des paiements non déclarés. Il affirme que de nombreux propriétaires refusent d’inscrire le prix réel sur l’acte de vente, une pratique qui pousse en conséquence les promoteurs à exiger une part du paiement « au noir » lors des transactions.