De plus en plus difficiles pour les Marocains d’acheter un logement
Le logement est un droit constitutionnel, mais il devient un luxe inaccessible pour de nombreux Marocains. Face à une flambée des prix qualifiée de record et à l’érosion du pouvoir d’achat, la députée Loubna Sghiri a interpellé la ministre de l’Habitat, pointant l’échec des politiques actuelles et l’urgence de réguler un marché livré à la spéculation.
Le constat dressé par la représentante du Parti du Progrès et du Socialisme est alarmant. Alors que l’accès à la propriété constitue un pilier de la stabilité sociale, la réalité du marché exclut de plus en plus les citoyens. Les derniers mois ont été marqués par une augmentation drastique des tarifs des appartements et des maisons, creusant un fossé infranchissable avec les revenus des classes moyennes et modestes. Ce décalage rend l’acquisition d’un bien décent particulièrement difficile pour les jeunes ménages et les populations vulnérables, transformant un droit fondamental en une source d’anxiété sociale croissante.
Pour l’élue, cette situation est la conséquence directe d’une gestion défaillante du secteur. Elle critique l’absence d’une vision stratégique capable d’équilibrer l’offre et la demande, laissant le champ libre aux spéculateurs qui profitent des besoins des familles. Cette dérégulation s’ajoute à l’inflation des matériaux de construction et aux retards accumulés dans la livraison des programmes de logements sociaux et intermédiaires, aggravant une crise que les politiques publiques actuelles ne parviennent pas à endiguer.
Un appel à des mesures d’urgence contre la spéculation
Face à ce diagnostic, le groupe parlementaire exige des réponses concrètes de la part du ministère de tutelle. Loubna Sghiri demande l’activation de dispositions urgentes pour encadrer les prix du marché et freiner les pratiques spéculatives qui érodent le pouvoir d’achat des ménages.
Au-delà de la régulation tarifaire, la députée plaide pour une extension effective et tangible des programmes d’habitat social. Elle insiste sur la nécessité d’assortir ces initiatives de mécanismes de contrôle rigoureux, afin de garantir que ces logements profitent réellement au plus grand nombre, et en priorité aux jeunes et aux catégories sociales les plus fragiles.