Immobilier au Maroc : l’astuce légale pour économiser jusqu’à 60 % sur votre achat
Face à l’envolée des prix du foncier et à la crise du logement abordable, un ancien modèle coopératif revient au premier plan. Les amicales immobilières redeviennent la seule voie d’accès à la propriété pour des milliers de ménages, mais leur potentiel reste menacé par l’absence d’un cadre juridique adapté.
Nawfal Bellakhdar, directeur général d’Akare.ma, interrogé par Challenge, confirme l’attractivité économique du dispositif. L’absence de Taxe sur les Sociétés (IS), de TVA et de marge promoteur permet à ces structures de fonctionner « au coût de revient ». Les adhérents bénéficient ainsi d’économies pouvant atteindre 40 à 60 % en cumulant l’avantage fiscal et la mutualisation des coûts. Cette marge financière permet souvent aux primo-acquéreurs de s’offrir un bien plus grand ou mieux situé que ce qu’ils pourraient obtenir via la promotion immobilière classique.
À lire : Biens de luxe à Paris : des millionnaires marocains dans la tourmente
Malgré ces avantages sociaux, les amicales sont vulnérables. Le principal facteur de méfiance est le risque systémique lié à la mauvaise gestion. Nawfal Bellakhdar cite les retards de chantier, la dissension entre adhérents ou la défaillance des prestataires comme des failles fréquentes. Il prévient que sans marge promoteur, ces structures sont exposées aux abus et aux conflits, ce qui freine la confiance.
À lire : Des MRE victimes d’une escroquerie immobilière
Pour restaurer l’image du secteur, l’expert préconise une réforme du cadre légal. Il juge indispensable de limiter la taille des opérations pour assurer une meilleure gouvernance et d’imposer des délais maximums pour la réalisation des chantiers.
À lire : Benslimane : une escoquerie immobilière à 30 millions de dirhams
Il demande également une différenciation des règles : les opérations d’accès au logement doivent être allégées, tandis que les projets à vocation spéculative, impliquant des changements d’adhérents ou la construction de studios d’investissement, doivent être strictement encadrés par la loi. Bellakhdar conclut que, bien encadrées, les amicales peuvent devenir un pilier du logement accessible.