Immobilier au Maroc : une réforme des amicales d’habitation pour booster le secteur ?

- 22h00 - Maroc - Ecrit par : P. A

Entre litiges, retards de financement et concurrence des promoteurs privés, les amicales immobilières et les coopératives d’habitation peinent à convaincre. Les experts appellent à une réforme profonde pour sécuriser les cotisants et booster le marché du logement en difficulté.

« Longtemps considérées comme des alternatives prometteuses à l’immobilier classique, les amicales immobilières et les coopératives d’habitation semblent aujourd’hui en perte de vitesse, alors même qu’elles pourraient constituer un levier majeur pour dynamiser le secteur du logement », analyse Finances News Hebdo. Avec leurs avantages fiscaux, ces structures offrent la possibilité de réduire le coût de production des logements, facilitant leur accès pour certaines catégories socioprofessionnelles comme les enseignants, les avocats, les banquiers ou les douaniers.

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Le magazine rappelle qu’« historiquement, ces initiatives ont séduit par leur modèle associatif à but non lucratif. Exonérées d’impôts sur les sociétés, de TVA et d’autres taxes, elles se distinguent des promoteurs immobiliers classiques, dont l’objectif premier reste la rentabilité ». Mais dans la réalité, de nombreux projets immobiliers accusent de lourds retards dans la mise en œuvre, en raison de litiges entre associés ou de non-paiement dans les délais des cotisations, ou encore de difficultés dans la gestion des chantiers.

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À ce propos, Mohamed Alaoui, expert en immobilier, cité par le magazine, explique que « les amicales d’habitation ne sont plus appréciées comme auparavant pour des raisons de confiance. Plusieurs affaires ont même été portées devant la justice, ce qui ternit l’image de ce dispositif et freine son développement ». Pour leur part, les promoteurs immobiliers crient à une concurrence déloyale, dénonçant des pratiques consistant pour certaines de ces structures d’exploiter leur statut d’amicale pour bénéficier d’avantages fiscaux, ce qui crée des pertes énormes pour l’État.

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Malgré ces difficultés, les coopératives d’habitation peuvent jouer un rôle clé dans la relance du secteur si l’on met en place un cadre juridique et réglementaire clair, comme c’est le cas dans plusieurs pays européens. Cette réforme est urgente pour sécuriser les cotisants et encourager les porteurs de projets, estime Alaoui, soulignant la nécessité de réviser les dispositions fiscales, d’instaurer un modèle type validé par les autorités locales et de mettre en place de garanties contre les abus et les fraudes. « L’encouragement de cette formule permettra de redonner de l’élan à un marché qui montre aujourd’hui des signes d’essoufflement ».

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