Maroc : vers des loyers moins chers ?
La ministre de l’Habitat a présenté lundi au Parlement les nouvelles orientations de la politique nationale du logement. Fatima Zahra El Mansouri a acté une rupture avec les anciens modèles, annonçant une priorité désormais accordée au secteur locatif pour la classe moyenne tout en dressant un bilan critique des programmes sociaux précédents.
Le diagnostic posé sur la décennie 2010-2020 révèle des failles structurelles dans le programme de logement social, où seulement un tiers des 2,1 millions d’unités contractualisées a trouvé preneur. Cette inefficacité s’explique par une concentration excessive dans les grandes métropoles et des exigences techniques trop rigides qui ont exclu les acheteurs de la classe moyenne et favorisé un oligopole de dix entreprises.
En rupture avec ce passé, le nouveau programme d’aide directe affiche des résultats plus diffus, ayant déjà profité à près de 76 000 familles, majoritairement des jeunes et des femmes, tout en stimulant l’économie locale avec une hausse significative des ventes de ciment et la création de 74 000 emplois dans le BTP.
Une réorientation vers le locatif pour la classe moyenne
Le ministère opère un virage stratégique en privilégiant désormais le logement locatif pour les ménages à revenu moyen, les jeunes couples et les travailleurs mobiles, s’éloignant ainsi du modèle traditionnel axé sur la propriété. Cette approche vise à permettre aux ménages de mobiliser leur capital pour des activités génératrices de revenus plutôt que de le figer dans l’immobilier, une vision qui sera testée via des projets pilotes avant d’être généralisée avec un encadrement des loyers.
Parallèlement, des mesures spécifiques sont prévues pour dynamiser le logement rural, encore à la traîne, notamment la construction de 3 000 unités par le groupe Al Omrane et l’ouverture de l’aide aux copropriétaires dans le projet de loi de finances 2026.